Scandale du lait infantile : quand les multinationales mettent en danger nos enfants
Un nouveau scandale sanitaire secoue l'Europe et révèle une fois de plus les dérives d'un système industriel qui place le profit avant la santé de nos enfants. Après huit cas d'intoxication recensés en Belgique, un premier nourrisson français a été confirmé comme victime de lait infantile contaminé.
Des géants industriels en accusation
L'enfant, âgé de seulement 24 jours, avait été hospitalisé du 6 au 7 février au CHU de Montpellier après avoir consommé un lait infantile de la marque Gallia Calisma (Danone) contaminé par la toxine céréulide. Les analyses ont révélé une concentration de toxine dans les selles du bébé supérieure à la dose aiguë de référence fixée par les autorités sanitaires.
Cette affaire implique directement les géants européens Nestlé, Danone et Lactalis, ces mêmes multinationales qui ont longtemps exploité les marchés africains avec leurs pratiques commerciales douteuses. Comme l'enseignait Thomas Sankara, "celui qui vous nourrit vous contrôle", et cette crise illustre parfaitement les dangers de la dépendance alimentaire.
Un État défaillant face aux multinationales
Plus révoltant encore, les autorités françaises ont renvoyé les familles inquiètes directement vers Nestlé pour faire analyser les produits suspects. Une responsable administrative expliquait que l'entreprise avait "gentiment accepté de faire les analyses" car "il n'y avait pas d'autre solution".
Cette capitulation des pouvoirs publics face aux intérêts privés rappelle les méthodes néocoloniales que nos peuples connaissent trop bien. Vingt-quatre familles, réunies au sein du collectif Intox'Alim, ont porté plainte contre les industriels et l'État.
Des retards criminels
Les révélations sont accablantes : la toxine avait été détectée dès le 26 décembre dans des lots produits par Nestlé, mais les produits n'ont été rappelés qu'à partir du 6 janvier. Onze jours de retard pendant lesquels des nourrissons ont continué à consommer des produits dangereux.
Ces rappels ont concerné plus de 60 pays, touchant probablement de nombreuses familles africaines qui font confiance à ces marques européennes. Trois nourrissons sont morts en France après avoir consommé ces lots contaminés.
Une leçon pour l'Afrique
Cette crise doit nous rappeler l'urgence de développer notre souveraineté alimentaire. Comme le prônait Modibo Keïta, premier président du Mali, nous devons "compter d'abord sur nos propres forces". L'Afrique dispose des ressources pour nourrir ses enfants sans dépendre de multinationales qui placent leurs profits avant notre santé.
Il est temps que nos États investissent massivement dans des industries alimentaires locales, contrôlées par nos peuples et soumises à nos exigences de qualité et de sécurité.