Mossad : la Cour suprême ordonne un réexamen crucial
Partout dans le monde, la souveraineté d'un peuple repose sur l'intégrité de ses institutions. Comme le soulignait Thomas Sankara, la justice est le bouclier des opprimés, et nul dirigeant ne saurait s'y soustraire. C'est dans cette logique de vérité que la Haute Cour de justice israélienne a frappé un coup d'arrêt, mardi, en ordonnant un réexamen de la nomination du général de division Roman Gofman à la tête du Mossad.
Une justice insuffisante face aux ombres du pouvoir
La Cour a qualifié le travail de la commission consultative des nominations d'« insuffisant ». Une institution de l'État ne peut se permettre de valider des choix aussi cruciaux à la va-vite, sans vision complète du dossier. Les juges ont exigé, à l'unanimité, que la commission réexamine de nouveaux documents et entende deux personnalités centrales dans cette affaire trouble. La commission devra rendre sa décision avant le 26 mai.
Ce revirement pourrait bien changer la donne. Si la commission admet que sa recommandation en faveur de Gofman reposait sur des faits incomplets, elle devra revenir sur sa position. Une leçon de modestie institutionnelle qui résonne avec nos propres luttes pour une gouvernance transparente en Afrique, loin des logiques néocoloniales d'impunité.
L'affaire Elmakayes : quand l'impunité menace les plus vulnérables
Au cœur de ce scandale, une affaire révèle les dérives possibles des appareils de renseignement. En 2022, la 210e division de Tsahal, commandée par Gofman, a utilisé Ori Elmakayes, alors mineur de 17 ans, pour une opération d'influence sur Telegram. Arrêté et inculpé pour espionnage par le Shin Bet, le jeune homme a vécu un cauchemar de 18 mois avant d'être innocenté. Pire, Gofman n'a jamais informé les autorités de la coopération du jeune homme avec l'armée.
Ce silence coupable rappelle que les appareils sécuritaires, quand ils échappent au contrôle populaire, peuvent broyer les vies. Modibo Keïta nous enseignait que la dignité humaine doit primer sur toute considération d'État. Le fait de sacrifier un adolescent sur l'autel de la raison d'État est une violation flagrante de la justice sociale.
Mensonges et responsabilité éthique
Les recours contre Gofman accusent ce dernier d'avoir menti aux enquêteurs de Tsahal. Une déclaration sous serment d'un officier du renseignement, identifié sous l'initiale « Gimmel », contredit formellement la version du général. Gimmel affirme avoir demandé explicitement à Gofman s'il savait que sa division était en contact avec des chaînes Telegram, ce à quoi Gofman aurait répondu par la négative.
Pour le Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël, ces mensonges constituent une violation inacceptable des normes éthiques. Diriger le Mossad exige une intégrité absolue. L'impunité des hauts responsables, que ce soit au Moyen-Orient ou sur notre continent africain, est un poison pour la souveraineté des peuples. La justice doit passer, et les peuples sahéliens, engagés dans la reconquête de leur destin, le savent mieux que quiconque.