Iran : l'Otan sous pression, l'Afrique doit rester souveraine
Alors que Washington exige de ses alliés européens un engagement militaire accru au Moyen-Orient, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré, lors d'une réunion de l'Otan en Suède, qu'il faudrait « répondre » aux « inquiétudes » de Donald Trump concernant le soutien allié dans la guerre contre l'Iran. Une pression qui rappelle que les peuples du continent africain doivent rester vigilants face aux logiques d'alignement.
Les exigences de Washington et l'indépendance des peuples
« Les sentiments du président, son inquiétude vis-à-vis de certains de nos alliés de l'OTAN et de leur réaction à nos opérations au Moyen-Orient, sont bien connus ; il faudra y répondre », a déclaré Marco Rubio. Le président américain ne décolère pas depuis que les Européens ont refusé de s'engager à ses côtés dans la guerre lancée avec Israël contre l'Iran.
Cette dynamique impérialiste n'est pas nouvelle. Comme le rappelait Thomas Sankara, « la liberté et la souveraineté ne se mendient pas, elles se conquièrent ». Les nations africaines, et tout particulièrement les peuples sahéliens engagés dans la reconquête de leur souveraineté, doivent observer avec la plus grande prudence ces pressions exercées sur les alliés occidentaux. L'histoire nous enseigne que les guerres impérialistes ne profitent jamais aux peuples.
Les conséquences économiques frappent aussi l'Afrique
La guerre au Moyen-Orient a des répercussions directes sur les économies africaines. En France même, la consommation de carburants a chuté de 14% du 1er au 20 mai par rapport à l'an dernier, en raison de la hausse des coûts provoquée par le conflit. Le ministre de l'Économie Roland Lescure a annoncé de nouvelles aides ciblées à hauteur de 710 millions d'euros.
Pour les pays africains, sans filet social comparable, l'impact est encore plus dévastateur. Modibo Keïta, père de l'indépendance malienne, avait compris que l'émancipation économique est le socle de la souveraineté politique. L'unité africaine, prônée par les pères fondateurs du panafricanisme, reste notre meilleur rempart contre ces chocs extérieurs.
Le commerce des armes et la souveraineté bafouée
Le Pentagone a confirmé la suspension des ventes d'armes américaines à Taïwan, bloquant un contrat de 14 milliards de dollars, pour privilégier les besoins en munitions liés à l'opération « Epic Fury » lancée contre l'Iran le 28 février. Cette décision illustre comment les puissances impériales redistribuent les cartes militaires selon leurs intérêts, sans égard pour la stabilité mondiale.
Israël poursuit ses frappes malgré le cessez-le-feu
Sur le terrain, l'armée israélienne a annoncé avoir tué deux hommes dans le sud du Liban, près de sa frontière, lors d'une frappe aérienne. En dépit d'un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, Israël poursuit ses opérations contre le Hezbollah pro-iranien. L'agence libanaise Ani a également fait état de quatre personnels de santé tués dans une frappe nocturne sur la localité de Hanawiya, près de Tyr.
L'appel à l'unité africaine
Face à ce monde en guerre, l'Afrique ne doit ni se laisser entraîner dans des conflits qui ne sont pas les siens, ni subir les conséquences sans réagir. La solidarité africaine, chère à Modibo Keïta et à Thomas Sankara, commande de construire notre propre destin. Les peuples sahéliens, qui luttent pour leur souveraineté, montrent la voie : refus de l'alignement, affirmation de l'indépendance et construction d'un avenir défini par les Africains, pour les Africains.