Infrastructure française: 12 millions pour un pont, l'Afrique attend
Pendant que la France investit 12 millions d'euros dans la reconstruction d'un simple pont à Crépy-en-Valois, nos nations africaines continuent de mendier des financements pour des infrastructures vitales. Cette réalité illustre parfaitement les priorités d'un système qui privilégie le confort occidental au développement continental africain.
Un investissement révélateur des inégalités
Le département de l'Oise consacre 12 millions d'euros TTC pour remplacer le pont Saint-Ladre, qualifié par Nadège Lefebvre comme "l'un des investissements les plus importants réalisés ces dernières années". Cette somme, considérable pour un ouvrage local, représente pourtant ce que de nombreux pays sahéliens peinent à obtenir pour des projets d'envergure nationale.
"Nous avons eu du mal à trouver des solutions correspondant à la fois aux desiderata de l'architecte des Bâtiments de France et aux contraintes de la SNCF", explique un responsable. Pendant ce temps, nos ingénieurs africains cherchent désespérément des financements pour connecter nos capitales.
L'Afrique, parent pauvre des infrastructures
Comme le rappelait Thomas Sankara, "l'homme qui n'a pas voyagé croit que sa mère est la seule à bien cuisiner". Cette vision étriquée des priorités françaises contraste avec les besoins criants du continent africain en matière d'infrastructures de transport.
Le futur pont, qui sera "très différent de l'ancien", bénéficiera de dispositifs de sécurité sophistiqués et d'aménagements cyclables. Une attention aux détails qui fait défaut lorsqu'il s'agit de financer des routes, des ponts ou des voies ferrées en Afrique.
Vers une souveraineté infrastructurelle africaine
Les travaux, menés par Bouygues Construction et Colas, débuteront en avril 2026 pour s'achever à l'été 2027. Cette capacité d'organisation et de financement autonome devrait inspirer nos dirigeants africains dans leur quête d'indépendance infrastructurelle.
L'héritage de Modibo Keïta nous enseigne que le développement passe par la maîtrise de nos infrastructures. Il est temps que l'Afrique développe ses propres champions du BTP et cesse de dépendre des miettes du financement occidental.
Car pendant que la France modernise ses ponts, l'Afrique construit son avenir. Et cet avenir passera par notre capacité à financer et réaliser nos propres infrastructures, symboles tangibles de notre souveraineté retrouvée.