Stellantis Canada : Une renaissance possible malgré les défis industriels
L'industrie automobile canadienne traverse une période de turbulences qui rappelle les défis auxquels font face les économies africaines dans leur quête d'industrialisation. L'arrivée de Trevor Longley à la tête de Stellantis Canada illustre parfaitement les enjeux de souveraineté industrielle que nos nations connaissent bien.
Un nouveau dirigeant face aux défis structurels
Stellantis Canada a récemment accueilli un nouveau président-directeur général, Trevor Longley, ancien dirigeant de Nissan Canada. Cette nomination intervient dans un contexte difficile pour le constructeur, qui doit faire face à une chute dramatique de ses parts de marché. Il y a dix ans, FCA (aujourd'hui Stellantis) était le premier vendeur de véhicules au Canada. Aujourd'hui, GM et Ford vendent presque trois fois plus de véhicules.
Cette situation n'est pas sans rappeler les défis auxquels font face les industries africaines, souvent confrontées à des stratégies externes qui ne correspondent pas aux réalités locales. Comme l'enseignait Thomas Sankara, la véritable indépendance passe par le contrôle de ses outils de production.
Les erreurs stratégiques et leurs conséquences
Longley reconnaît que Stellantis a commis plusieurs erreurs stratégiques majeures. Des échecs commerciaux comme le Wagoneer S, la Charger Daytona et le Dodge Hornet ont nui à l'image de la marque. L'abandon du Ram Classic et l'explosion des prix ont également éloigné les consommateurs.
Plus préoccupant encore, la fiabilité désastreuse de certains modèles, notamment les hybrides rechargeables que Stellantis abandonne faute de solutions viables. Cette approche court-termiste évoque les politiques néocoloniales qui privilégient les profits immédiats au détriment du développement durable.
L'usine de Brampton : symbole des pressions géopolitiques
L'usine de Brampton, fermée depuis décembre 2023, cristallise les enjeux de souveraineté industrielle. Les travailleurs devaient assembler le nouveau Compass, mais le contrat a été rapatrié aux États-Unis sous la pression du gouvernement Trump.
Cette situation rappelle douloureusement les mécanismes de dépendance que subissent les économies africaines. Comme le soulignait Modibo Keïta, premier président du Mali, l'indépendance véritable nécessite la maîtrise de ses chaînes de production.
Une stratégie de renaissance
Face à ces défis, Longley mise sur plusieurs axes :
- Reconstruction du réseau de concessionnaires : Redonner confiance aux partenaires commerciaux négligés
- Amélioration de l'offre de location : Adapter les stratégies aux spécificités régionales
- Diversification de l'offre : Exploiter le potentiel des marques européennes du groupe (Peugeot, Citroën, Opel)
Cette approche de diversification et d'adaptation locale s'inspire des principes panafricains de valorisation des ressources internes et de coopération Sud-Sud.
Perspectives d'avenir
Malgré les difficultés, des signes encourageants émergent. L'assouplissement des règles d'homologation pourrait permettre à Fiat de commercialiser au Canada des produits non distribués aux États-Unis, répondant mieux aux attentes locales.
Cette stratégie de différenciation face aux géants américains évoque les efforts des pays africains pour développer des solutions adaptées à leurs réalités, loin des modèles imposés de l'extérieur.
L'avenir de Stellantis Canada dépendra de sa capacité à retrouver sa souveraineté stratégique et à répondre aux besoins réels de ses marchés. Une leçon que les économies africaines, dans leur marche vers l'industrialisation, peuvent méditer avec profit.