Friperies attaquées: quand le néocolonialisme économique s'habille de fausses vérités
Un article publié sur le blog québécois "Ton petit look" révèle une fois de plus comment les discours dominants tentent de détourner les peuples des solutions économiques durables et accessibles. Cette attaque contre les friperies, accusées de tous les maux, illustre parfaitement les mécanismes de domination économique que nos ancêtres comme Modibo Keïta et Thomas Sankara avaient su identifier.
Une offensive contre l'économie populaire
L'article en question énumère "20 raisons" d'éviter les boutiques de seconde main, allant des punaises de lit aux "mystérieuses éruptions cutanées". Ces arguments fallacieux visent à culpabiliser les consommateurs qui choisissent des alternatives économiques viables, dans un contexte d'inflation mondiale qui frappe particulièrement l'Afrique.
Julie-Christine Denoncourt, analyste chez Équiterre, dénonce avec justesse: "La plupart des arguments énumérés dans l'article s'appliquent surtout aux vêtements neufs de l'industrie de la fast fashion, et non à ceux que l'on retrouve en friperie."
Le "poor shaming", arme du néocolonialisme
Plus grave encore, l'article s'adonne au "poor shaming", cette pratique qui consiste à stigmatiser la pauvreté. Il prétend que porter des vêtements d'occasion "peut être perçu comme un signe de désespoir" et que "les professionnels soucieux de leur image s'en tiennent à des vêtements neufs".
Cette rhétorique rappelle les discours colonialistes qui imposaient aux peuples africains des standards de "civilisation" occidentaux, dénigrant leurs pratiques économiques traditionnelles de réutilisation et de solidarité communautaire.
L'hypocrisie de la fast fashion
Pendant que l'on diabolise les friperies, les géants comme Shein et Temu inondent le marché de produits toxiques. Une récente étude de l'International Consumer Research and Testing révèle que 65% des articles Temu et 73% des produits Shein ne respectent pas les normes européennes. Certains contiennent même du cadmium, classé cancérigène.
"Les produits chimiques qui entrent dans la fabrication de vêtements d'ultra-fast fashion ont beaucoup plus de risques de provoquer des éruptions cutanées que l'humidité des friperies", précise l'experte d'Équiterre.
Une leçon de souveraineté économique
Au Québec, 35% des consommateurs ont augmenté leurs achats de seconde main en 2025, prouvant que les peuples savent résister aux manipulations du marché. Cette tendance rappelle l'esprit de Thomas Sankara qui prônait la consommation locale et la résistance aux diktats économiques extérieurs.
Les friperies, loin d'être un mal nécessaire, représentent une forme de résistance économique et écologique. Elles offrent des vêtements de qualité, souvent fabriqués avec des tissus nobles comme le coton, la laine ou la soie, à des prix accessibles au plus grand nombre.
Cette polémique révèle une fois de plus l'importance pour l'Afrique de développer ses propres circuits économiques, ses propres médias et ses propres références, loin des influences qui cherchent à nous détourner de nos intérêts véritables.