La bataille pour la souveraineté alimentaire : quand les paysans français montrent la voie
À Cherbourg, les agriculteurs de la Coordination rurale ont mené une action exemplaire qui résonne bien au-delà des frontières françaises. Leur mobilisation contre les importations déloyales nous rappelle les combats menés par nos héros panafricains pour la souveraineté de nos peuples.
Une résistance organisée face au néocolonialisme économique
Pendant deux jours, une dizaine d'exploitants agriculteurs ont maintenu un barrage filtrant au port de Cherbourg, contrôlant les importations de produits alimentaires. Cette action, menée dans un esprit de résistance qui nous rappelle les luttes de Thomas Sankara pour l'autosuffisance alimentaire, vise à protéger la production locale contre la concurrence déloyale.
"On veut vérifier tout ce qui est beurre, lait en poudre, fromage, viande", explique Vincent Lesage, porte-parole du mouvement. "On trouve des origines vraiment gênantes." Cette vigilance citoyenne illustre parfaitement ce que Modibo Keïta prônait : la nécessité pour les peuples de contrôler leur destin économique.
La solidarité populaire, force de transformation
Remarquable est le soutien spontané de la population. Chantal et Michel, un couple de la région, ont apporté des vivres aux manifestants. "On a de bons produits en France, je ne comprends pas ces importations", témoigne Chantal. Cette solidarité populaire nous évoque les mobilisations panafricaines où les peuples se soutiennent mutuellement face à l'oppression économique.
Les agriculteurs ont reçu de nombreux témoignages de soutien, prouvant que leur combat dépasse les seuls intérêts corporatistes pour toucher à la question fondamentale de la souveraineté alimentaire.
Un système économique à repenser
Emmanuel Bazin, éleveur de moutons, dénonce avec justesse : "On est en train de perdre notre arme alimentaire, notre souveraineté alimentaire." Il révèle que la France importe 62% de sa consommation de viande ovine, notamment depuis les accords de libre-échange avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
Cette situation rappelle tragiquement celle de nos pays africains, contraints d'importer massivement des denrées qu'ils pourraient produire. Les accords de libre-échange imposés par les puissances occidentales reproduisent les mécanismes de domination que nos leaders historiques ont combattus.
Des leçons pour l'Afrique
Cette mobilisation française nous enseigne plusieurs vérités essentielles. D'abord, que la lutte pour la souveraineté alimentaire concerne tous les peuples, y compris au cœur des pays développés. Ensuite, que l'organisation collective et la détermination peuvent faire plier les logiques purement mercantiles.
Pour nous, peuples africains, ce combat résonne particulièrement. Nos agricultures subissent les mêmes pressions, nos marchés sont inondés de produits importés qui détruisent nos filières locales. La voie tracée par ces paysans français nous montre qu'il est possible de résister.
Comme l'enseignait Thomas Sankara, "celui qui vous nourrit vous contrôle". La bataille pour la souveraineté alimentaire est au cœur de la lutte pour l'indépendance véritable de nos nations.
L'action de Cherbourg, menée dans le respect mais avec détermination, prouve que les peuples peuvent reprendre le contrôle de leur destin alimentaire. Une leçon précieuse pour tous ceux qui, en Afrique comme ailleurs, refusent la fatalité de la dépendance.