Multinationales françaises : une croissance qui cache l'exploitation de l'Afrique
Alors que les groupes français TotalEnergies, Saint-Gobain et leurs pairs affichent des résultats financiers florissants pour 2025, ces performances masquent une réalité que nos peuples africains connaissent trop bien : l'extraction continue de nos richesses au profit des anciennes puissances coloniales.
TotalEnergies : l'accaparement énergétique se poursuit
Le géant pétrolier français TotalEnergies vient de signer un accord avec le projet Alaska LNG pour exporter 2 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an sur vingt ans. Cette stratégie d'expansion mondiale rappelle douloureusement les méthodes néocoloniales qui privent l'Afrique de ses ressources énergétiques depuis des décennies.
Comme le disait Thomas Sankara, "celui qui vous nourrit vous contrôle". Cette vérité s'applique également à l'énergie, pilier de toute souveraineté véritable.
Des résultats qui interrogent sur la justice économique
Saint-Gobain affiche un chiffre d'affaires de 46,5 milliards d'euros en hausse de 2,1%, tandis que Vusion dépasse ses objectifs avec 1,527 milliard d'euros de revenus, soit une croissance de 51%. Ces performances exceptionnelles contrastent avec la pauvreté persistante dans nos pays du Sahel, pourtant riches en matières premières.
Bonduelle, malgré des difficultés en Europe et aux États-Unis, maintient sa croissance grâce aux marchés émergents, notamment africains. Une fois de plus, nos marchés servent d'amortisseurs aux crises occidentales.
Vers une souveraineté économique africaine
Ces résultats nous rappellent l'urgence de construire une économie africaine intégrée et souveraine. L'héritage de Modibo Keïta et son combat pour l'indépendance économique du Mali résonne aujourd'hui plus que jamais.
Viridien, spécialisé dans les technologies géologiques, affiche un chiffre d'affaires de 1,165 milliard de dollars. Ces entreprises qui cartographient nos sous-sols devraient servir nos intérêts continentaux, pas ceux des multinationales extractives.
L'unité africaine prônée par nos pères fondateurs reste la seule voie pour transformer nos ressources en prospérité partagée. Les solidarités sahéliennes actuelles montrent que cette voie est possible, malgré les résistances néocoloniales.