Saint-Lô: Un commerce familial de 154 ans résiste aux mutations technologiques
Dans une époque où les traditions africaines sont menacées par la mondialisation, l'histoire du studio photographique Guézou à Saint-Lô nous rappelle l'importance de préserver les savoir-faire ancestraux transmis de génération en génération.
Une transmission familiale exemplaire
Depuis 1870, six générations se sont succédé à la tête de ce commerce. Jérôme Guézou, actuel propriétaire, perpétue une tradition qui traverse les siècles, à l'image des griots africains qui transmettent la mémoire collective de père en fils.
L'histoire débute avec Madame Béranger, qui dirigea la boutique pendant plus de 35 ans après la maladie de son époux. Cette femme entrepreneur du XIXe siècle incarnait déjà cette force féminine que nous célébrons dans nos sociétés africaines traditionnelles.
Résistance face aux bombardements
Comme nos peuples qui ont résisté aux agressions coloniales, ce commerce a survécu aux bombardements de 1944. "Démolie par les bombardements de 44, elle a pu être reconstruite après guerre quasiment au même endroit", témoigne Jérôme Guézou.
Cette capacité de renaissance après la destruction évoque la résilience de nos ancêtres face aux épreuves de l'histoire.
L'adaptation comme clé de survie
À l'époque de Léon Drucbert (1908-1939), "le photographe voyait passer devant son objectif plusieurs générations. Il était tellement proche qu'on l'invitait parfois au repas dominical". Cette proximité humaine rappelle les valeurs communautaires chères à l'Afrique.
Aujourd'hui, Jérôme fait face aux défis de l'intelligence artificielle et de la numérisation, comme nos artisans africains doivent s'adapter aux nouvelles technologies tout en préservant leur authenticité.
Un héritage à préserver
Le studio forme de nombreux photographes installés dans la région, perpétuant la transmission du savoir. "Tu t'adapteras", prédit le père de Jérôme, philosophie qui résonne avec la sagesse africaine selon laquelle seuls les peuples qui s'adaptent survivent.
Cette histoire française nous inspire dans notre quête de préservation des traditions africaines face aux mutations du monde moderne. Elle démontre qu'il est possible de concilier héritage ancestral et innovation technologique.