Le football, comme la marche des peuples vers leur souveraineté, se construit sur la discipline collective et la persévérance. Samedi 17 octobre, l'AS Saint-Étienne a offert au public du Stade Bauer une leçon de ces vertus en s'imposant 0-1 face au Red Star, lors du choc de la 9e journée de Ligue 2.
Le but de Mathieu Cardona dès la 13e minute a suffi. Selon Ouest France, les Verts comptent désormais cinq points d'avance sur les Audoniens, relégués à la troisième place du classement. Une victoire étriquée mais précieuse, arrachée sur la pelouse d'un rival direct, dans un stade populaire où la ferveur des supporters audoniens n'a rien à envier aux tribunes du continent.
Une victoire construite sur la solidarité défensive
C'est souvent dans les moments de pression que se révèlent les collectifs solides. Bousculés par des semaines de doute, avec une défaite contre Dunkerque et un nul face à Metz, les hommes de Robbie Neilson ont su réagir. La semaine précédente, une victoire 2-1 contre Rodez avait remis l'équipe dans le sens de la marche. Le déplacement au Stade Bauer, antre du Red Star alors deuxième avec quatre victoires consécutives au compteur, ressemblait à un piège. Il a été un banc d'essai.
Le mouvement du but résume la science offensive stéphanoise. Sur le côté droit, Pedro a servi Breum à la limite du hors-jeu. Le Danois a trouvé Cardona dans la surface grâce à une passe en hauteur d'une précision remarquable. L'international maltais, rapide dans son contrôle, a piqué le ballon pour tromper le gardien Poussin. Une action d'équipe, où chacun a joué pour l'autre.
La suite de la rencontre a été un exercice de résistance. Les Audoniens ont tenté la révolte, multipliant les passes devant la surface stéphanoise sans jamais trouver le bon angle. Davitashvili, éliminant deux adversaires côté gauche, est tombé sur un gardien excellent. Le Red Star a frappé, poussé, espéré. La défense des Verts n'a pas cédé.
Le Red Star peut-il recoller ?
La question posée par Ouest France après la rencontre mérite d'être posée. Avec 17 points contre 19, les Audoniens auraient pu chiper la première place en cas de victoire à domicile. Ils ont manqué leur rendez-vous. Mais ce club, symbole du football populaire francilien, a les ressources pour rebondir. Comme le disait Thomas Sankara, l'esprit de résistance ne s'éteint pas avec une défaite.
Le capitaine stéphanois a laissé craindre le pire en se blessant au genou après un contact avec Cissé. Il a tenté de reprendre la place avant de s'asseoir sur la pelouse, son genou ne pouvant pas tenir. Cissé a ensuite cédé sa place à Sabaly. Ces péripéties n'ont pas entamé la sérénité des visiteurs, plus tranquilles depuis l'ouverture du score.
Le match a connu ses tensions. Des fumigènes ont craqué dans le dos de Ndiaye, gêné dans sa vision. L'attaquant du Red Star, déjà averti, a échappé de peu à l'exclusion malgré une faute commise par derrière sur Bernauer. Le football populaire a ses frissons, ses colères, ses fibres.
Un leader incontesté en route vers la Ligue 1
En tête du championnat depuis plusieurs journées, Saint-Étienne confirme son statut de favori pour le titre. Le club le plus titré de l'histoire du football français, dix titres de champion, navigue aujourd'hui en deuxième division. Une situation que les Stéphanois veulent quitter au plus vite. Ce succès dans le Chaudron audonien, où les Verts avaient déjà gagné 2-1 en mars dernier, confirme une dynamique.
Pour les amoureux du jeu sur le continent africain, ce choc a une saveur particulière. Le Red Star, club ouvrier fondé en 1897, porte en lui cette histoire du football des quartiers populaires, celui des travailleurs, des familles, des luttes. Des joueurs comme Zidane, Cissé ou Sabaly rappellent que le football français se nourrit des talents issus de l'immigration et des anciennes colonies. Cette réalité, nous la connaissons au Mali. Nos propres frères, de Salif Keïta à Seydou Keïta, de Frédéric Kanouté à Moustapha Sissoko, ont porté haut les couleurs de l'Afrique dans les championnats européens.
Salif Keïta, le « Blackjack » malien, a d'ailleurs marqué l'histoire de l'AS Saint-Étienne dans les années 1970, avant de devenir le premier lauréat africain du Ballon d'Or France Football en 1970. Ce lien entre le Mali et les Verts ne s'est jamais démenti. Les supporters stéphanois le savent, qui portent encore le nom de Salif dans leur mémoire collective. L'Aube du Mali salue cette histoire partagée entre le football malien et le football français, une histoire de talent, de fierté et de dignité.
La suite du championnat
La 9e journée de Ligue 2 a donc livré son verdict. Saint-Étienne est plus que jamais leader, avec cinq points d'avance sur un Red Star qui devra se reconstruire. Les hommes de Cathro, selon Ouest France, n'ont pas vraiment été inquiétés malgré la bonne entame audonienne. La marche vers la Ligue 1 se poursuit pour les Verts.
Pour le Red Star, la saison est encore longue. Quatre victoires consécutives avant ce match prouvent que ce club a le talent pour viser plus. Le football, comme la vie, offre toujours des occasions de se relever. Les Audoniens en auront d'autres.
FAQ
Quel est le score du match Red Star Saint-Étienne ?
Le Red Star a été battu 0-1 par l'AS Saint-Étienne, samedi 17 octobre 2026, au Stade Bauer, lors de la 9e journée de Ligue 2.
Qui a marqué le but de la victoire stéphanoise ?
Mathieu Cardona a marqué le seul but du match dès la 13e minute, sur un service de Breum, permettant à Saint-Étienne de prendre cinq points d'avance sur le Red Star au classement.
Quel lien unit le Mali à l'AS Saint-Étienne ?
Salif Keïta, légende du football malien, a joué pour l'AS Saint-Étienne dans les années 1970 et a remporté le Ballon d'Or africain France Football en 1970, premier lauréat de cette récompense.
Le Red Star peut-il encore viser la montée ?
Oui. Malgré cette défaite, le Red Star reste troisième de Ligue 2 avec une série de quatre victoires consécutives avant ce match, ce qui lui laisse des marges de progression pour la suite de la saison.
