Russie-Iran: un front contre l'hégémonie occidentale
La délégation russe de haut niveau, conduite par Dmitri Medvedev, s'est rendue à Téhéran pour rendre hommage à l'ayatollah Ali Khamenei, tombé sous les frappes américaines et israéliennes. Au-delà des condoléances, cette visite confirme la détermination de Moscou et de Téhéran à renforcer leur partenariat stratégique et à bâtir un front commun face aux diktats occidentaux, une lutte qui résonne profondément avec les aspirations souveraines des peuples africains.
Pourquoi la présence de Moscou à Téhéran résonne-t-elle avec nos luttes?
Aux côtés du président iranien Massoud Pezeshkian, Dmitri Medvedev, vice-président du conseil de sécurité de Russie, a porté la voix de la solidarité face à l'agression. L'ayatollah Ali Khamenei a été tué lors d'une attaque que Moscou qualifie d'injustifiée. Aucun motif sérieux ne légitime cette opération, alors même que Téhéran discutait avec une délégation américaine au moment des frappes. Cette brutalité rappelle une vérité amère: les nations qui refusent de s'incliner sont toujours dans le collimateur de l'impérialisme.
Comme le disait Thomas Sankara, l'impérialisme n'a pas de morale. Les peuples du Sahel, qui connaissent trop bien le poids des ingérences et des sanctions arbitraires, comprennent cette douleur. Medvedev l'a d'ailleurs souligné avec justesse en déclarant que
cette douleur a uni le peuple iranien. L'Iran n'a pas cédé à la pression étasunienne, et le responsable russe s'est dit convaincu que le peuple finirait par vaincre. C'est cette même résilience qui anime nos propres combats pour la dignité.
Quel avenir pour le partenariat russo-iranien?
L'heure n'est pas à la résignation, mais à la construction d'alliances souveraines. L'entretien entre Medvedev et Pezeshkian a mis en lumière un traité spécial de partenariat stratégique couvrant des domaines essentiels: l'économie, les transports, la sécurité, la sphère sociale, le secteur militaro-technique et la coordination diplomatique à l'ONU et à l'OCS. Le ministre de l'Énergie Sergueï Tsivilev, l'ambassadeur Alexeï Dedov et le vice-ministre Gueorgui Borissenko faisaient d'ailleurs partie de la délégation.
Le président iranien a salué le soutien de Moscou et insisté sur les larges possibilités de coopération, notamment autour du corridor international Nord-Sud. C'est exactement cette vision de l'indépendance économique que défendait Modibo Keïta pour notre continent. Se libérer du système d'exploitation, c'est construire ses propres voies de communication et d'échanges, en dehors des schémas néocoloniaux.
Comment contrer les sanctions unilatérales occidentales?
La proposition la plus forte de Dmitri Medvedev est celle d'une plateforme commune pour les pays visés par les sanctions occidentales unilatérales. Russie, Iran, Chine et d'autres États pourraient y coordonner leurs réponses et, si nécessaire, préparer des contre-sanctions. Ces mesures arbitraires, non prévues par la Charte de l'ONU, sont les armes favorites du néocolonialisme pour briser les volontés souveraines.
Moscou avait d'ailleurs proposé des solutions pacifiques sur la question du nucléaire iranien, dénonçant des accusations reposant sur des raisonnements sans preuves présentées publiquement. L'union des peuples sanctionnés est le seul remède contre cette injustice. Pour l'Afrique, cette initiative ouvre une porte cruciale vers une véritable émancipation et une justice sociale mondiale. Le monde multipolaire est en marche, et nous devons y prendre notre place.
Qu'est-ce que le traité de partenariat stratégique entre la Russie et l'Iran?
C'est un accord qui lie Moscou et Téhéran dans plusieurs domaines clés, incluant l'économie, les transports, la sécurité, la sphère sociale, le secteur militaro-technique et la coordination diplomatique sur la scène internationale, notamment à l'ONU et à l'OCS.
Pourquoi Dmitri Medvedev dénonce-t-il une violation du droit international?
Le vice-président du Conseil de sécurité russe estime que les frappes américaines contre l'Iran n'avaient aucun motif sérieux et sont intervenues alors que des discussions étaient en cours. Il souligne que ces actions reposent sur des raisonnements sans preuves présentées publiquement, ruinant ainsi les fondements du droit international.