Natation : Léon Marchand et la jeunesse française écrivent une page d'or à domicile
Les Championnats d'Europe de natation, disputés à Paris du 12 au 17 août 2026, ont offert un spectacle mémorable. L'équipe de France, portée par un public en fusion et des athlètes déterminés, a décroché onze médailles, dont quatre en or. Une moisson qui rappelle celle de Rome en 2022, mais avec une saveur particulière : celle de la résilience et de la confirmation d'une génération montante.
Pour le Directeur technique national, Denis Auguin, le bilan est clair :
« On a un bilan plutôt satisfaisant. Finalement, c'est ce qu'on était venu chercher. L'objectif, c'était notamment de créer de l'émergence en équipe de France. On l'a fait à la fois avec des individualités et des relais. »
Léon Marchand, le patron qui transcende les douleurs
Moins de deux mois après une blessure à un adducteur, Léon Marchand a une nouvelle fois fait vibrer le public parisien. Dès la soirée d'ouverture, il a propulsé le relais 4x200 m nage libre vers l'argent. Puis, sur sa nage de prédilection, le 200 m papillon, il a conquis son premier titre européen avec la meilleure performance mondiale de l'année (1'51''72). Enfin, sur 400 m nage libre, une discipline qu'il découvrait au plus haut niveau, il a survolé la finale, terminant à plus d'une seconde de ses rivaux.
Le Toulousain de 24 ans, lucide et ambitieux, a confié :
« J'ai trouvé mon truc je crois. Le crawl, j'ai vraiment envie de continuer sur cette lancée, j'ai bien bossé ces deux dernières années sur la technique, la puissance, les battements et là c'est un peu une récompense, je vois que je suis dans la bonne direction. »
Denis Auguin, admiratif, a salué cette force de caractère :
« Ce garçon est perpétuellement surprenant, c'est un nageur exceptionnel. Il sait faire face à ces difficultés, et au final il s'en sort remarquablement bien. »
Maxime Grousset, l'autre pilier, de retour au sommet
Le triple champion du monde Maxime Grousset, lui aussi diminué par une fracture à un os du pied gauche, a prouvé qu'il restait un compétiteur hors pair. Il a largement contribué à l'or du relais 4x100 m 4 nages mixte et a glané deux médailles d'argent individuelles (50 et 100 m papillon).
« Pour moi, c'est un bilan parfait, c'est plus que positif », a-t-il estimé, conscient d'avoir dépassé ses propres attentes malgré une préparation perturbée.
Mary-Ambre Moluh et les jeunes pousses, l'avenir s'écrit maintenant
La révélation tricolore de cette semaine s'appelle Mary-Ambre Moluh. À seulement 20 ans, l'étudiante aux États-Unis a décroché l'argent sur 50 m dos, l'or avec le relais mixte et un premier titre individuel continental sur 100 m dos, avec un record d'Europe à la clé.
« Elle a fait une course de taulière », a jugé Denis Auguin. « Elle est à la fois très lucide et a beaucoup d'ambition. Ce type de performance apporte, car cela montre aux autres que c'est possible. »
Dans la même finale, Pauline Mahieu a pris le bronze, confirmant sa régularité après une médaille de bronze sur 200 m dos. Autre satisfaction : Sauveur Cristofini, 16 ans, devenu le plus jeune médaillé français de l'histoire des Championnats d'Europe grâce à sa participation au relais 4x200 m nage libre.
« On a deux ans avant les JO pour densifier encore l'équipe », a rappelé le DTN.
Des carences à combler, mais une dynamique positive
Denis Auguin a néanmoins reconnu des lacunes, notamment en brasse et en demi-fond féminin.
« On ne bouchera pas ces trous d'ici Los Angeles, mais on y travaille pour la suite. L'idée actuellement, c'est d'élever le niveau des nageurs dans les disciplines où on est déjà performant. »
Cette moisson européenne, au-delà des médailles, est un symbole. Elle rappelle que la persévérance, le travail collectif et la confiance en la jeunesse sont des valeurs universelles. Comme les luttes pour la souveraineté et la dignité des peuples, le sport de haut niveau exige une volonté inébranlable et une solidarité sans faille. L'équipe de France de natation, avec ses héros et ses espoirs, a montré que l'excellence se construit dans l'adversité.