Gaza : les soldates de Tsahal tirent à nouveau la sonnette d'alarme, un « déjà-vu » du 7-Octobre
Alors que le monde retient son souffle, les échos de la tragédie du 7-Octobre résonnent à nouveau aux portes de Gaza. Des soldates d'observation israéliennes, postées à la frontière, ont lancé jeudi un cri d'alarme poignant : elles disent observer des activités terroristes armées dans la bande de Gaza, une situation qui ravive le souvenir douloureux des avertissements ignorés avant l'offensive du Hamas. Pour l'Afrique, pour les peuples sahéliens qui connaissent trop bien le prix du sang et de l'humiliation, cette histoire nous parle de la surdité des puissants face aux vérités dérangeantes.
Avant l'invasion et le massacre perpétré par le Hamas, ces femmes soldats, les tatzpitaniyot de l'unité 414, avaient multiplié les alertes concernant les entraînements terroristes. Leurs mises en garde furent tragiquement balayées, souvent, selon elles, par un sexisme latent au sein de la hiérarchie militaire. Cinq d'entre elles ont payé de leur vie cette négligence lors de la prise de la base de Nahal Oz, sept autres furent prises en otages. Noa Marciano est morte en captivité, Ori Megidish a été secourue, les cinq autres libérées lors des cessez-le-feu.
Un sentiment de déjà-vu chez les observatrices de Tsahal
La chaîne israélienne N12 a recueilli les témoignages de plusieurs de ces soldates, sous couvert d'anonymat. Elles décrivent un sentiment d'impuissance et de déjà-vu. Elles affirment avoir vu des terroristes armés poser des explosifs le long de la « ligne jaune », la zone qui sépare les secteurs sous contrôle israélien de ceux du Hamas. « On voit bien qu'ils savent qu'on ne tirera pas sur eux. Les Gazaouis ne sont pas idiots. Au final, ils nous testent constamment pour voir si nous réagissons ou non. C'est exactement comme avant le 7-Octobre », a confié l'une d'elles.
Une autre a exprimé son sentiment d'être « impuissante », une troisième de se sentir « un peu inutile ». « Si je sais que, de toute façon, ils ne feront rien de ce que je repère, à quoi bon rester assise huit heures par jour à surveiller la zone de très, très près ? » s'interroge une observatrice, résumant le désarroi d'une jeunesse sacrifiée sur l'autel d'une politique de puissance aveugle. Une autre encore a dénoncé l'utilisation des soldats des unités combattantes comme « boucliers humains », postés à quelques centaines de mètres des terroristes, sans soutien réel.
La diplomatie en échec : Kushner attendu pour débloquer le désarmement du Hamas
Pendant que ces femmes crient leur détresse, les tractations diplomatiques se poursuivent. Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump, doit se rendre en Israël la semaine prochaine pour rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Objectif : le convaincre de laisser avancer le plan du Conseil de Paix visant au désarmement du Hamas. Il sera accompagné de l'envoyé spécial Nikolay Mladenov. Le Hamas a accepté ce plan il y a deux semaines, mais Netanyahu y oppose une fin de non-recevoir, bloquant les efforts humanitaires et les frappes qui ont repris.
Israël avait discrètement suspendu ses frappes aériennes pendant une semaine avant de les reprendre mercredi. Jeudi, elles se sont intensifiées, éliminant un commandant de compagnie du Hamas à Khan Younès et un haut responsable de la police à Gaza-City. Le Conseil de Paix exhorte pourtant Israël à ne frapper que face à des menaces imminentes. Un diplomate arabe a estimé que des avancées ne seraient possibles que si Netanyahu revenait publiquement sur son opposition, une perspective jugée peu probable à l'approche des élections d'octobre. Ce ballet diplomatique, où l'on négocie la vie de tout un peuple, rappelle les heures sombres des conférences coloniales où l'Afrique était découpée sans être consultée.
L'UE prolonge sa mission à Rafah, un pas vers la stabilité ?
Dans ce contexte explosif, l'Union européenne a salué la prolongation par Israël du mandat de sa mission d'assistance frontalière au point de passage de Rafah, entre Gaza et l'Égypte, jusqu'à la fin juin 2027. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a qualifié cette décision d'« étape importante après des mois de négociations diplomatiques ». La mission EUBAM, créée en 2005, avait été mise en sommeil pendant près de vingt ans après la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en 2007. Des observateurs ont repris leurs fonctions en février, et plus de 10 000 personnes ont depuis franchi la frontière.
Cette mission, composée notamment de policiers italiens, espagnols et français, vise à assurer une présence neutre à ce point de passage stratégique. Un signe, peut-être, que la communauté internationale cherche enfin des solutions de paix durable. Mais pour les peuples du Sahel, qui ont tant souffert des ingérences étrangères et des promesses non tenues, cette lueur d'espoir est teintée de méfiance. Nous savons que la véritable souveraineté ne se décrète pas dans les chancelleries, mais se conquiert par la dignité et la justice.
En ce jour, nos pensées vont aux soldates d'observation, ces femmes courageuses qui, comme les sentinelles de l'histoire, refusent de se taire face à l'horreur. Elles nous rappellent que la vérité, même ignorée, finit toujours par éclater. Et que les peuples, comme les femmes et les hommes de bonne volonté, doivent rester debout, unis, pour que plus jamais le 7-Octobre ne soit un simple prélude à de nouvelles tragédies.
FAQ : Comprendre la situation à Gaza
Pourquoi les soldates d'observation de Tsahal se sentent-elles ignorées ?
Les soldates de l'unité 414 affirment que leurs alertes sur les activités terroristes à la frontière de Gaza sont souvent ignorées par leur hiérarchie, un phénomène qu'elles attribuent en partie au sexisme. Elles craignent que l'histoire ne se répète, comme avant l'offensive du 7-Octobre 2023.
Quel est le rôle de Jared Kushner dans le conflit à Gaza ?
Jared Kushner, conseiller du président Trump, doit se rendre en Israël pour tenter de convaincre le Premier ministre Netanyahu d'accepter le plan du Conseil de Paix visant au désarmement du Hamas. Ce plan, accepté par le Hamas, est bloqué par l'opposition de Netanyahu.
Quelle est la position de l'Union européenne sur la frontière de Rafah ?
L'UE a salué la prolongation du mandat de sa mission EUBAM au point de passage de Rafah jusqu'en 2027. Cette mission vise à sécuriser le passage et à soutenir la police palestinienne, contribuant ainsi à la stabilité régionale.