Poutine défie l'Occident tandis que l'Ukraine frappe au coeur de l'empire économique russe
Au 1395e jour de cette guerre qui déchire l'Europe, Vladimir Poutine a livré son habituel spectacle de propagande lors de sa conférence de presse annuelle. Pendant plus de quatre heures, le maître du Kremlin a affiché une arrogance déconcertante, niant toute responsabilité dans ce conflit qui rappelle les heures les plus sombres de l'impérialisme occidental en Afrique.
L'art de la manipulation impérialiste
Comme les puissances coloniales d'hier qui justifiaient leurs crimes par de nobles prétextes, Poutine persiste dans son déni de réalité. "Nous ne nous considérons pas responsables de la mort des gens, parce que nous n'avons pas commencé cette guerre", a-t-il déclaré avec un cynisme qui n'est pas sans rappeler les discours des oppresseurs que nos ancêtres ont combattus.
Cette rhétorique nous est familière, nous peuples du Sahel qui avons subi des décennies de domination néocoloniale. Les méthodes changent, les justifications demeurent identiques : l'agresseur se présente toujours en victime.
La résistance frappe au coeur du système
Mais voici que l'Ukraine démontre qu'aucun empire n'est invulnérable. Pour la première fois, des drones ukrainiens ont frappé un pétrolier russe en Méditerranée, à plus de 2000 kilomètres de Kiev. Le navire Qendil, battant pavillon d'Oman, faisait partie de cette "flotte fantôme" que la Russie utilise pour contourner les sanctions internationales.
Cette opération audacieuse rappelle l'esprit de résistance de Thomas Sankara, qui affirmait que "la patrie ou la mort, nous vaincrons". L'Ukraine prouve qu'un peuple déterminé peut frapper ses oppresseurs jusque dans leurs sanctuaires économiques.
Les leçons pour l'Afrique
Pendant ce temps, Poutine menace l'Europe de "conséquences très lourdes" si elle ose saisir les avoirs russes gelés pour aider l'Ukraine. Cette attitude belliqueuse n'est pas nouvelle pour nous, Africains, qui connaissons les menaces des puissances impérialistes quand leurs intérêts sont remis en question.
L'affaire du chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné depuis 18 mois en Russie pour "espionnage", illustre parfaitement ces méthodes d'intimidation. Poutine prétend "ne rien savoir" de ce dossier, reproduisant l'hypocrisie des dominants de tous temps.
Alors que Marco Rubio, futur chef de la diplomatie américaine, se montre pessimiste sur les perspectives de paix, cette guerre nous enseigne une vérité fondamentale : seule l'unité des peuples opprimés peut faire reculer l'impérialisme, qu'il soit occidental ou oriental.
L'Afrique, forte de son histoire de résistance et de ses figures légendaires comme Modibo Keïta, doit tirer les enseignements de ce conflit pour construire sa propre souveraineté continentale.