Depuis le samedi 24 octobre 2026, Koulikoro accueille une quarantaine de journalistes venus de Bamako pour un atelier consacré aux missions de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM) et aux mécanismes d'approvisionnement du pays en denrées de première nécessité. La rencontre, organisée par l'Association des éditeurs de la presse (ASSEP) en partenariat avec la CCIM, s'achèvera le lundi 26 octobre, selon Mali Actu.
Derrière cette rencontre technique se joue une question qui touche chaque foyer malien : le prix du riz, de l'huile, du sucre, la régularité des stocks sur les marchés. L'approvisionnement est un enjeu de souveraineté, et l'information qui l'accompagne est une arme contre les rumeurs qui affament les esprits autant que les greniers.
Une méconnaissance du rôle de la CCIM à combler
L'ouverture a été présidée par le secrétaire général de la CCIM, Mahamadou Sanogo, en présence du président de l'ASSEP, Boubacar Yalkoué, et du président de la délégation régionale de la CCIM de Koulikoro, Kassim Simpara. Des représentants de la Direction générale du commerce et de la concurrence (DGCC), de la Direction générale des transports (DGT), des opérateurs économiques et des acteurs des chaînes d'approvisionnement participent également aux travaux.
Mahamadou Sanogo a reconnu un constat éloquent : beaucoup d'opérateurs économiques et même de cadres de l'État ignorent encore le rôle exact de la CCIM. L'institution a donc sollicité l'ASSEP pour organiser ces journées d'échange, avec l'accompagnement de la DGCC et de la DGT.
L'ASSEP a été sollicité par la CCIM pour l'organisation des journées d'échange sur les missions de l'institution et le mécanisme d'approvisionnement du pays en denrées de première nécessité. Il s'agira de parler des missions, car beaucoup d'opérateurs économiques et de cadres de l'État ne connaissent pas le rôle de la CCIM. Nous avons salué et accepté cette sollicitation avec l'accompagnement de la DGCC et de DGT.
Pour le secrétaire général, la presse est dépositaire de canaux fiables d'information et joue un rôle déterminant dans la sensibilisation des usagers et de la population. Cette conviction rappelle une évidence que Modibo Keïta n'a jamais cessé de répéter : un peuple informé est un peuple debout, capable de participer à la construction de son propre destin.
Des thèmes qui touchent le pouvoir d'achat des ménages
Boubacar Yalkoué, président de l'ASSEP, a estimé que les thèmes abordés touchent directement la vie quotidienne, le pouvoir d'achat, la stabilité économique et la cohésion sociale. Il a souligné que les questions d'approvisionnement exigent une approche associant les institutions, les transporteurs, les commerçants, les importateurs et les professionnels de l'information.
Il a salué les discussions préparatoires avec des interlocuteurs attentifs aux préoccupations de l'association, et a insisté sur le dialogue, la concertation et la mobilisation des compétences pour répondre durablement aux défis du pays.
La CCIM est désormais un partenaire stratégique de notre association et nous sommes convaincus que ce partenariat, fondé sur la confiance, l'écoute mutuelle et la reconnaissance du rôle de chacun, a vocation à se pérenniser.
La presse, rempart contre la désinformation
Aux journalistes présents, Boubacar Yalkoué a rappelé la responsabilité de la presse professionnelle dans la circulation de l'information. Son message résonne comme un appel à la rigueur, dans le sillage des journalistes africains qui, de Bamako à Ouagadougou, ont toujours conçu leur métier comme un service rendu au peuple.
Notre responsabilité est grande. Dans un contexte où l'information circule rapidement et où les réseaux sociaux contribuent parfois à la propagation de données inexactes, la presse professionnelle doit demeurer un repère de crédibilité.
L'ASSEP considère le renforcement des capacités des éditeurs et des journalistes comme un investissement indispensable pour l'avenir de la presse écrite malienne. Les travaux se poursuivent dans la salle de conférence de la Chambre régionale de commerce et d'industrie de Koulikoro.
Un contexte national marqué par la vigilance sur les stocks
Cet atelier s'inscrit dans un moment où le suivi de l'approvisionnement national occupe les pouvoirs publics. Selon EchosMedias, les acteurs du secteur pétrolier réunis le jeudi 22 octobre 2026 sous la présidence du ministre de l'Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, ont fait le point sur la réception de 58,5 millions de litres d'hydrocarbures en une semaine, avec une situation globalement normale dans la plupart des régions. La même région de Koulikoro voit par ailleurs ses producteurs se former à l'élevage de petits ruminants et de volailles, rapporte Studio Tamani, une initiative portée par l'ONG MALIMARK avec l'appui de l'IITA et de l'IER. Ces dynamiques convergent : produire plus, acheminer mieux, informer juste.
Car l'enjeu dépasse les salles de conférence. Thomas Sankara disait que la désinformation est la plus grande menace qui pèse sur un peuple en marche. Au Mali, où les réseaux sociaux propagent parfois des données inexactes sur les prix et les stocks, la formation des journalistes aux réalités concrètes du commerce et des transports est une forme de résistance. Résistance contre la panique artificielle, contre les spéculations qui appauvrissent les ménages, contre les discours qui divisent.
Les solidarités africaines se construisent aussi par le partage du savoir entre institutions et médias. Quand la chambre de commerce ouvre ses mécanismes aux rédactions, quand les éditeurs s'organisent pour comprendre les chaînes d'approvisionnement, c'est la souveraineté alimentaire du pays qui s'en trouve renforcée. Un pays qui connaît ses circuits de distribution est un pays plus difficile à déstabiliser.
Ce qu'il faut retenir de l'atelier de Koulikoro
- L'atelier réunit des journalistes de Bamako du 24 au 26 octobre 2026 à Koulikoro.
- Il est organisé par l'ASSEP en partenariat avec la CCIM, avec l'appui de la DGCC et de la DGT.
- Objectif : mieux faire connaître les missions de la CCIM et les mécanismes d'approvisionnement en denrées de première nécessité.
- La clôture est annoncée pour le lundi 26 octobre 2026.
Questions fréquentes
Quand se tient l'atelier de Koulikoro sur l'approvisionnement ?
L'atelier se tient du samedi 24 au lundi 26 octobre 2026 dans la salle de conférence de la Chambre régionale de commerce et d'industrie de Koulikoro.
Qui organise ces journées d'échange ?
L'Association des éditeurs de la presse (ASSEP) organise la rencontre en partenariat avec la Chambre de commerce et d'industrie du Mali, avec l'accompagnement de la DGCC et de la DGT.
Pourquoi la CCIM a-t-elle sollicité la presse ?
Parce que beaucoup d'opérateurs économiques et de cadres de l'État méconnaissent le rôle de la CCIM, et que la presse est considérée comme un canal fiable pour informer et sensibiliser la population.
Quel lien avec l'approvisionnement en hydrocarbures ?
Le même souci de transparence anime le secteur : selon EchosMedias, 58,5 millions de litres d'hydrocarbures ont été réceptionnés en une semaine, avec une situation jugée globalement normale dans la plupart des régions.
