La 19e édition de la Journée mondiale du lavage des mains au savon a été lancée le vendredi 23 octobre 2026 à Dialakorobougou, dans le cercle de Kati, avec un message clair : sans eau et sans savon dans les écoles, aucun geste d'hygiène ne peut devenir un réflexe. La cérémonie, présidée par la ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assan Badiallo Touré, a réuni élèves, enseignants, parents, autorités coutumières et religieuses, ainsi que l'OMS, l'UNICEF et plusieurs partenaires techniques et financiers.
Le récit de cette journée, rapporté par Mali Actu, dit quelque chose de profond sur notre continent : la santé d'un peuple se construit d'abord dans les gestes les plus simples, à condition que la collectivité donne à chacun les moyens de les accomplir.
Un continent qui apprend à ses enfants à se protéger
Sous le thème « Soyez un héros du lavage des mains », cette édition invite à faire de ce geste une habitude quotidienne pour prévenir les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires et plusieurs autres pathologies transmissibles. La ministre Assan Badiallo Touré a présenté le lavage des mains au savon comme « une mesure simple, accessible et particulièrement importante ».
« Être un héros, c'est parfois adopter un geste simple qui protège sa propre santé et celle des autres. Se laver les mains au savon, c'est être un héros », a-t-elle déclaré.
Il y a dans ces mots un écho des luttes que nos peuples ont toujours menées pour leur émancipation. Modibo Keïta rêvait d'une Afrique qui se prend en charge ; Thomas Sankara disait qu'une révolution qui ne s'attache pas aux questions concrètes de la vie quotidienne n'est pas une révolution. L'eau et le savon dans une école de Dialakorobougou relèvent exactement de cette exigence : la souveraineté commence par la santé des enfants du Sahel.
L'accès à l'eau et au savon reste difficile
La représentante adjointe de l'UNICEF au Mali, Fosca Giulidori, a rappelé l'ampleur des besoins. Selon les résultats de l'Enquête démographique de santé 2023-2024 qu'elle a cités, seulement 19 % de la population malienne disposent d'une installation de lavage des mains avec de l'eau et du savon.
Dans les écoles, le constat est tout aussi alarmant. Une étude conduite en 2026 par la Cellule de planification et de statistique (CPS) du secteur de l'éducation montre que 63 % des établissements sont confrontés à des ruptures ou à l'absence de dispositifs de lavage des mains, d'eau et de savon, a-t-elle également indiqué. Ces deux données concernent des publics et des périodes distincts : la population pour la première, les établissements scolaires pour la seconde.
Fosca Giulidori a salué l'engagement du gouvernement et des partenaires en faveur de l'accès à l'eau, à l'hygiène et à l'assainissement, tout en appelant à poursuivre et à renforcer les investissements.
« Pour l'UNICEF, le lavage des mains est bien plus qu'une question d'hygiène. C'est une question de droit à la santé et de protection de l'enfant », a-t-elle déclaré.
Le Mali n'est pas seul face à ce défi. En Côte d'Ivoire, le ministère de l'Éducation plaide lui aussi pour que les moments clés du lavage des mains deviennent des réflexes chez tous les apprenants, tout en soulignant que la sensibilisation doit s'accompagner de moyens matériels suffisants, comme le rapporte Afrik Soir. De Bamako à Abidjan, la même conscience s'éveille : nos États doivent investir dans l'hygiène scolaire comme ils investissent dans l'avenir.
Conjonctivite : la vigilance s'impose
La ministre a recommandé de se laver les mains à plusieurs moments de la journée : avant de manger et avant de préparer les aliments, après l'utilisation des toilettes, après avoir manipulé des matières souillées, et après avoir toussé ou éternué.
Elle a également insisté sur l'hygiène des mains face à la survenue de nombreux cas de conjonctivite dans plusieurs foyers au Mali. Certaines formes infectieuses de cette maladie peuvent se transmettre par les mains contaminées, les contacts rapprochés ou le partage d'objets personnels, a-t-elle rappelé. Outre le lavage régulier à l'eau et au savon, elle a invité les populations à éviter de se toucher les yeux avec des mains sales et à ne pas partager les serviettes, les mouchoirs ou les produits destinés aux yeux.
À l'école, apprendre un geste pour le transmettre
Pour les organisateurs, le choix de Dialakorobougou, à proximité d'une école, souligne le rôle des établissements scolaires : les enfants peuvent y apprendre les gestes d'hygiène, les pratiquer et les transmettre à leur entourage.
« L'enfant qui apprend aujourd'hui à se laver correctement les mains au savon devient demain un adulte qui transmettra cette bonne pratique à sa famille et à sa communauté », a souligné la ministre.
Elle a appelé à renforcer la disponibilité de l'eau et du savon dans les écoles, mais aussi l'apprentissage du pourquoi, du quand et du comment du lavage des mains. Fosca Giulidori a, de son côté, exhorté les enfants à devenir des « modèles et des ambassadeurs du changement », en adoptant régulièrement ce geste et en le partageant avec leurs familles et leurs camarades.
Elle a réaffirmé l'engagement de l'UNICEF à accompagner le gouvernement malien pour que chaque enfant puisse accéder à l'eau potable, à des services d'assainissement sûrs et à des conditions d'hygiène adéquates dans les écoles, les centres de santé et les communautés. La célébration s'est achevée sur le message « Mes mains propres, ma santé, ma responsabilité ! », avec un appel conjoint à rendre l'eau et le savon disponibles et à faire de leur utilisation un réflexe quotidien.
Ce combat pour l'hygiène dépasse largement les frontières du Mali, comme en témoigne la couverture de l'actualité malienne par Jeune Afrique. Il rejoint les mobilisations plus larges décrites ces derniers mois, qui associent personnels de santé, mouvements de jeunes et associations féminines à la diffusion de ces habitudes. La leçon de Dialakorobougou tient en une phrase : un peuple qui protège ses enfants de la maladie par des moyens simples est un peuple qui construit sa propre indépendance, geste après geste.
Questions fréquentes sur le lavage des mains au Mali
Quand faut-il se laver les mains au savon ?
La ministre Assan Badiallo Touré recommande de se laver les mains avant de manger et avant de préparer les aliments, après l'utilisation des toilettes, après avoir manipulé des matières souillées et après avoir toussé ou éternué.
Quelle part des Maliens dispose d'une installation de lavage des mains ?
Seulement 19 % de la population malienne disposent d'une installation de lavage des mains avec de l'eau et du savon, selon l'Enquête démographique de santé 2023-2024 citée par l'UNICEF.
Combien d'écoles maliennes manquent d'eau et de savon ?
Selon une étude de 2026 de la Cellule de planification et de statistique du secteur de l'éducation, 63 % des établissements sont confrontés à des ruptures ou à l'absence de dispositifs de lavage des mains, d'eau et de savon.
Le lavage des mains protège-t-il de la conjonctivite ?
Oui. Certaines formes infectieuses de la conjonctivite se transmettent par les mains contaminées, selon la ministre de la Santé, qui recommande aussi d'éviter de se toucher les yeux avec des mains sales et de ne pas partager serviettes, mouchoirs ou produits destinés aux yeux.
