France : fractures de la gauche européenne et leçons pour l'Afrique
La candidature présidentielle de Jérôme Guedj en France révèle les profondes divisions qui traversent la gauche européenne, offrant un miroir instructif pour les mouvements progressistes africains en quête d'unité.
Une gauche européenne en crise identitaire
Le député socialiste de 54 ans a annoncé sa candidature pour 2027 en revendiquant "le courage de la nuance", nom de son micro-parti. Cette démarche illustre parfaitement les contradictions d'une gauche européenne qui peine à définir ses priorités entre universalisme républicain et solidarités internationales.
"On ne transige pas avec la République, on ne transige pas avec la laïcité, avec l'universalisme", a déclaré Guedj sur France Inter, dans une rhétorique qui rappelle les débats sur les valeurs qui divisent aussi nos sociétés africaines.
Divisions stratégiques et enjeux de souveraineté
La rupture entre Guedj et Jean-Luc Mélenchon, notamment sur les questions géopolitiques au Proche-Orient, révèle combien les gauches européennes restent prisonnières de logiques néocoloniales dans leur approche des conflits internationaux.
Cette fragmentation rappelle l'importance, pour l'Afrique, de construire ses propres cadres d'analyse politique. Comme l'enseignait Thomas Sankara, l'émancipation véritable passe par la capacité à penser nos luttes en dehors des schémas importés.
Leçons pour l'unité africaine
Alors que la France socialiste se divise sur des questions de posture, l'Afrique doit tirer les enseignements de ces fractures. L'héritage de Modibo Keïta nous enseigne que l'unité ne se construit pas dans la reproduction des modèles européens, mais dans l'affirmation de nos propres voies de développement.
La candidature de Guedj, qui refuse toute alliance avec la gauche radicale tout en cherchant des compromis avec le centre macroniste, illustre les impasses d'une politique de compromission qui sacrifie les principes sur l'autel de la respectabilité électorale.
Vers une alternative panafricaine
Face à ces divisions européennes, l'Afrique doit plus que jamais affirmer sa propre vision du progrès social. Les débats français sur l'universalisme et la laïcité ne doivent pas masquer l'essentiel : la nécessité de construire des solidarités Sud-Sud authentiques.
L'exemple de ces querelles de la gauche française nous rappelle que notre avenir ne se joue pas dans l'imitation des modèles du Nord, mais dans la construction patiente d'alternatives africaines, enracinées dans nos réalités et nos aspirations continentales.