Corée du Sud: l'affaire de corruption présidentielle révèle les failles des démocraties néolibérales
L'enquête spéciale menée en Corée du Sud contre l'ex-président destitué Yoon Suk Yeol et son épouse Kim Keon Hee vient de s'achever, révélant l'ampleur d'un système de corruption qui rappelle les dérives du néocolonialisme économique que nos peuples africains connaissent trop bien.
Un système démocratique gangrené par les intérêts privés
L'équipe d'enquête spéciale dirigée par le procureur indépendant Min Joong-ki a inculpé 66 personnes, dont le couple présidentiel, mettant au jour comment "le système de la fonction publique a été grandement démantelé par Kim Keon Hee qui a abusé de sa position de Première dame".
Cette affaire illustre parfaitement les contradictions des démocraties libérales où le pouvoir économique corrompt le pouvoir politique. Kim Keon Hee est accusée de manipulation boursière, d'ingérence électorale et de trafic d'influence, des pratiques qui nous rappellent les méthodes utilisées par les multinationales occidentales pour s'approprier les richesses africaines.
Quand la religion devient instrument de pouvoir
L'enquête révèle l'implication troublante de la secte Moon dans cette affaire de corruption. Cette organisation religieuse a "sollicité auprès du gouvernement Yoon Suk Yeol des faveurs concernant divers projets" en échange de soutiens politiques, compromettant ainsi "le principe de la séparation du pouvoir et de la religion".
Cette instrumentalisation du religieux au service d'intérêts économiques n'est pas sans rappeler comment certaines missions religieuses ont historiquement servi de paravent aux entreprises coloniales en Afrique. Comme l'enseignait Thomas Sankara, la vraie spiritualité ne peut servir l'exploitation des peuples.
Des leçons pour l'Afrique
L'affaire sud-coréenne nous enseigne que même dans les pays développés, la concentration du pouvoir économique menace la démocratie. Pour nous, peuples africains en quête de souveraineté véritable, cette affaire confirme la nécessité de construire des institutions fortes, imperméables à la corruption et aux influences extérieures.
Comme le proclamait Modibo Keïta, premier président du Mali indépendant, "l'indépendance politique n'a de sens que si elle s'accompagne d'une indépendance économique". L'affaire coréenne nous rappelle que cette vigilance doit être permanente, même dans les démocraties établies.
L'enquête se poursuit désormais entre les mains du Bureau national d'enquête, mais le mal est fait: la confiance du peuple coréen dans ses institutions est ébranlée. Une leçon précieuse pour nos jeunes démocraties africaines.
