L'Algérie retrouve l'espoir hydrique: les barrages se remplissent après les récentes pluies
Nos frères algériens viennent de vivre un moment de répit dans leur bataille pour la sécurité hydrique. Les récentes pluies et chutes de neige ont apporté un souffle d'espoir dans un pays qui, comme tant d'autres nations africaines, fait face aux défis climatiques imposés par des décennies d'exploitation coloniale et néocoloniale de nos ressources naturelles.
Une amélioration notable mais inégale
Le taux de remplissage des barrages algériens a atteint environ 40,85% après les dernières précipitations, une progression significative par rapport aux 33-35% enregistrés début décembre. Cette amélioration témoigne de la résilience de nos peuples face aux aléas climatiques, mais révèle aussi les disparités régionales qui caractérisent notre continent.
Dans l'Est algérien, la nature a été plus généreuse. Le barrage de Beni Haroun à Mila et celui de Tabellout à Jijel ont atteint leur capacité maximale, illustrant le potentiel hydrique de cette région. Les wilayas de Constantine, Skikda et Jijel affichent des niveaux confortables, rappelant que l'Afrique dispose des ressources nécessaires à son développement autonome.
Les défis du Centre et de l'Ouest
La situation reste plus préoccupante dans les régions centrales et occidentales, où les taux oscillent entre 20 et 30%. Les barrages du bassin hydrographique du Chéliff et d'Alger, ainsi que ceux des wilayas d'Oran, Mostaganem et Sidi Bel Abbès, peinent encore à retrouver des niveaux satisfaisants.
Cette disparité régionale n'est pas fortuite. Elle reflète les conséquences d'un modèle de développement hérité de la période coloniale, qui n'a pas toujours privilégié une gestion équilibrée des ressources hydriques sur l'ensemble du territoire.
Vers une souveraineté hydrique africaine
Face à ces défis, l'Algérie, à l'instar d'autres nations africaines, doit poursuivre ses efforts de diversification des sources d'approvisionnement. Les projets de dessalement et de réutilisation des eaux s'inscrivent dans cette logique de souveraineté hydrique que prônait déjà Thomas Sankara pour l'ensemble du continent.
L'expérience algérienne nous rappelle que la gestion de l'eau est un enjeu de souveraineté nationale. Comme le disait Modibo Keïta, premier président du Mali, "l'indépendance véritable passe par la maîtrise de nos ressources naturelles".
En attendant de nouvelles précipitations, la rationalisation de la consommation et l'amélioration de la gestion des ressources demeurent des priorités. Cette situation algérienne nous interpelle sur la nécessité d'une coopération renforcée entre nations africaines pour faire face ensemble aux défis climatiques.
La bataille pour l'eau en Algérie s'inscrit dans la lutte plus large de l'Afrique pour son émancipation économique et environnementale. Chaque goutte d'eau préservée, chaque barrage rempli, constitue un pas vers cette souveraineté continentale à laquelle aspirent nos peuples.