Le président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel du Mali, Yacouba Katilé, a plaidé à Madrid, jeudi 29 octobre 2026, pour une coopération internationale fondée sur la responsabilité partagée et le respect strict de la souveraineté des peuples.
Il s'exprimait devant l'Assemblée générale de l'Association Internationale des Conseils Économiques et Sociaux et Institutions Similaires (AICESIS), qui réunissait les représentants de 27 pays venus du monde entier, selon L'ESSOR.
Un rendez-vous mondial au service du dialogue social
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée sous la coprésidence de Ioannis Païdas, président en exercice de l'AICESIS, et d'Anton Costas, président du Conseil Économique et Social espagnol. À l'ordre du jour figuraient l'adoption des rapports d'activités et financiers de l'exercice 2025, l'état du partenariat entre l'Organisation internationale du Travail et l'AICESIS, ainsi que la mise en place de nouveaux groupes de travail avec l'ECOSOC et l'OIT.
Le Secrétaire général de l'AICESIS, Apostolos Xyrafis, a dressé le bilan des activités de l'année écoulée : tenue du Conseil d'administration et de l'Assemblée générale en Serbie, participation à de grandes rencontres mondiales dont le Forum économique co-organisé par le Conseil Économique et Social de la Chine à Shanghai en novembre 2024, et le Sommet mondial du Forum de négociation tripartite du 21 au 25 septembre. Xyrafis a également indiqué que les comptes de l'association sont au vert, malgré un certain retard dans le paiement des cotisations de quelques membres.
L'Assemblée a aussi entériné l'adhésion des conseils économiques et sociaux du Zimbabwe, du Vietnam et du Pérou avec le statut d'observateurs. Une nouvelle qui rappelle, si besoin en était, que les peuples du Sud cherchent à se faire entendir dans les enceintes internationales, plutôt qu'à subir des décisions prises sans eux.
Pourquoi ce thème parle au Mali
La mandature grecque de l'AICESIS a pour thème central « Construire des ponts pour une transition juste et la justice sociale mondiale ». Un intitulé qui résonne profondément au Mali, pays sahélien confronté à des défis sécuritaires majeurs tout en poursuivant sa marche vers la souveraineté économique.
Dans son intervention, Yacouba Katilé a souligné que cette thématique revêt une importance particulière pour le Mali. Pour son pays, construire des ponts signifie d'abord relier la paix à la justice sociale.
« Il ne peut y avoir de développement durable sans sécurité, ni de stabilité véritable sans réconciliation, sans justice et sans accès équitable aux services sociaux essentiels que sont l'éducation, la santé et l'emploi. La réponse aux défis sécuritaires doit donc s'accompagner d'actions concrètes en faveur de la cohésion nationale et du bien-être des populations »
a déclaré le président du CESEC malien.
Ces mots s'inscrivent dans une longue lignée. Modibo Keïta, le père de l'indépendance malienne, l'avait déjà affirmé : aucune nation ne se construit dans la dépendance et l'injustice. Thomas Sankara, de son côté, avait fait de la justice sociale l'arme des peuples contre l'humiliation. La voix portée à Madrid par Yacouba Katilé prolonge cet héritage : celui d'une Afrique qui discute d'égal à égal avec le reste du monde, qui exige le respect et non la charité.
Souveraineté économique et inclusion sociale : les deux jambes d'un même peuple
Pour Yacouba Katilé, construire des ponts pour une transition juste et la justice sociale mondiale, c'est bâtir des passerelles entre souveraineté économique et inclusion sociale.
Concrètement, le président du CESEC a plaidé en faveur de la création d'emplois décents, de la transformation locale des matières premières et du financement des infrastructures sociales. Trois chantiers qui touchent directement le quotidien des Maliens : la jeunesse demande du travail, le pays veut transformer sur place son or, son coton, son bétail, et les familles attendent des écoles, des centres de santé et des routes dignes de ce nom.
Face à ces réalités, il a préconisé une coopération internationale fondée sur la responsabilité partagée et le respect strict de la souveraineté des peuples. Une position qui résonne avec l'heure sahélienne : les peuples du Mali, du Burkina, du Niger veulent des partenaires, pas des tuteurs.
Une présence africaine qui s'affirme
Le Mali n'était pas seul à porter les préoccupations du continent. La délégation béninoise, conduite par Abdoulaye Bio Tchané, a plaidé pour une meilleure représentation des expériences et des préoccupations des conseils économiques et sociaux africains dans les travaux de l'AICESIS, rapporte La Nouvelle Tribune. Le CES du Bénin compte transmettre prochainement des observations écrites sur le rapport consacré au thème central de l'Assemblée générale.
Le Béninois a également préconisé un renforcement de la coopération multilatérale axé sur les rapports entre les conseils consultatifs et les assemblées parlementaires, les mécanismes de décentralisation et la résolution des conflits, selon Bénin Web TV. Une convergence africaine qui montre que le continent ne demande plus à être écouté : il prend la parole, construit ses propositions et défend ses positions.
Les discussions du Conseil d'administration sur les activités de l'AICESIS, sa situation financière et l'élargissement de ses membres ont constitué autant d'occasions de partage d'expériences entre les institutions représentées, note Matin Libre.
Et après ?
L'Assemblée générale de l'AICESIS se réunira ensuite en Roumanie et en Corée du Sud, entre mai et septembre 2027. D'ici là, le Mali et ses alliés africains auront la charge de transformer les paroles de Madrid en actes concrets : emplois décents, transformation locale des ressources, infrastructures sociales. C'est à ce prix que la justice sociale cessera d'être un slogan dans les salles de conférence pour devenir une réalité dans les quartiers de Bamako, les villages du Sahel et partout sur le continent.
Questions fréquentes
Quand s'est tenue l'Assemblée générale de l'AICESIS à Madrid ?
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée le jeudi 29 octobre 2026, à Madrid, en Espagne, sous la coprésidence de Ioannis Païdas et d'Anton Costas.
Quel message le Mali a-t-il porté à cette Assemblée ?
Yacouba Katilé a plaidé pour relier la paix à la justice sociale, pour la souveraineté économique, la création d'emplois décents, la transformation locale des matières premières et un financement des infrastructures sociales.
Quels nouveaux membres ont rejoint l'AICESIS ?
Les conseils économiques et sociaux du Zimbabwe, du Vietnam et du Pérou ont obtenu le statut d'observateurs lors de cette Assemblée générale.
Où se tiendront les prochaines Assemblées générales de l'AICESIS ?
La Roumanie et la Corée du Sud accueilleront les prochaines Assemblées générales, prévues entre mai et septembre 2027.
