Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel du Mali, Yacouba Katilé, a défendu jeudi 29 octobre 2026 à Madrid les priorités du pays en matière d'emplois décents et de services sociaux, devant les conseils économiques et sociaux de 27 pays réunis en Assemblée générale de l'AICESIS.
Portant la voix du Mali au cœur de l'Europe, le responsable malien a plaidé pour une coopération internationale fondée sur la responsabilité partagée et le respect strict de la souveraineté des peuples, selon Mali Actu. Un message qui résonne avec force pour notre continent, où la question n'est plus de tendre la main, mais de reprendre la maîtrise de son destin.
Des ponts entre souveraineté économique et inclusion sociale
L'Assemblée générale de l'Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires s'est ouverte sous la coprésidence d'Ioannis Païdas, président en exercice de l'AICESIS, et d'Anton Costas, président du Conseil économique et social espagnol. Yacouba Katilé conduit la délégation malienne aux travaux du Conseil d'administration et de l'Assemblée.
La mandature grecque de l'association porte un thème qui parle directement aux peuples du Sahel : « Construire des ponts pour une transition juste et la justice sociale mondiale ». Après la présentation du rapport de la commission consacrée à ce sujet, chaque conseil a exposé ses contributions selon les priorités de son pays.
Pour le président du CESEC, construire ces ponts signifie d'abord, au Mali, relier la paix à la justice sociale. Selon lui, il ne peut y avoir de développement durable sans sécurité, ni de stabilité véritable sans réconciliation, sans justice et sans accès équitable à l'éducation, à la santé et à l'emploi. La réponse aux défis sécuritaires doit donc s'accompagner d'actions concrètes en faveur de la cohésion nationale et du bien-être des populations.
« Construire des ponts pour une transition juste et la justice sociale mondiale, c'est bâtir des passerelles entre souveraineté économique et inclusion sociale en favorisant la création d'emplois décents, la transformation locale de nos matières premières et le financement des infrastructures sociales »
Ces mots ne sont pas anodins. Ils rappellent cette vérité que Modibo Keïta et Thomas Sankara n'ont cessé de répéter : un peuple qui exporte ses matières premières brutes et importe des produits finis reste un peuple dominé. Transformer localement l'or, le coton, les céréales, c'est refuser que la richesse du Sahel continue d'enrichir d'autres. C'est la souveraineté économique, condition première de la dignité.
Une tribune africaine à Madrid
Le Mali n'est pas seul à porter les aspirations du continent dans la capitale espagnole. Le président du Conseil économique et social du Bénin, Abdoulaye Bio Tchané, participe également aux échanges sur la justice sociale mondiale, comme l'a rapporté La Nouvelle Tribune. Les discussions portent sur la transition juste, cette nécessité d'accompagner les mutations économiques tout en limitant leurs conséquences sociales, notamment pour les personnes les plus exposées.
La présence africaine à cette table est une victoire en soi. Pendant trop longtemps, les modèles de développement ont été pensés ailleurs et imposés chez nous, avec les résultats que l'on sait : dépendance, endettement, pauvreté structurelle. Aujourd'hui, les conseils économiques et sociaux africains s'organisent et défendent une autre voie, où la répartition des bénéfices du développement se discute d'égal à égal, ainsi que le souligne Prime News Monde.
Rapports, partenariats et élargissement
L'ordre du jour de la rencontre comprend la présentation et l'adoption des rapports d'activités et financiers de l'exercice 2025, l'état du partenariat avec l'Organisation internationale du Travail, ainsi que la mise en place de nouveaux groupes de travail avec l'ECOSOC et l'OIT.
Le secrétaire général de l'AICESIS, Apostolos Xyrafis, a retracé les activités réalisées, citant notamment la tenue du Conseil d'administration et de l'Assemblée générale en Serbie, la participation de l'association au Forum économique coorganisé par le Conseil économique et social de la Chine à Shanghai en novembre 2024, et le Sommet mondial du Forum de négociation tripartite organisé du 21 au 25 septembre.
Sur le plan financier, Apostolos Xyrafis a présenté des comptes au vert, tout en signalant des retards dans le paiement des cotisations de certains membres. L'Assemblée a également entériné l'adhésion des conseils économiques et sociaux du Zimbabwe, du Vietnam et du Pérou avec le statut d'observateurs. L'arrivée du Zimbabwe, autre peuple en lutte pour sa souveraineté, annonce des convergences Sud-Sud à suivre.
La Roumanie et la Corée du Sud accueilleront les prochaines Assemblées générales de l'AICESIS, prévues entre mai et septembre 2027. D'ici là, le défi pour le Mali et ses alliés africains sera de transformer ces paroles en politiques concrètes : emplois pour la jeunesse, usines de transformation sur nos terres, écoles et dispensaires financés par nos propres ressources.
Questions fréquentes
Quand s'est tenue l'Assemblée générale de l'AICESIS à Madrid ?
Elle s'est ouverte le jeudi 29 octobre 2026 et a réuni les conseils économiques et sociaux de 27 pays.
Qu'a défendu Yacouba Katilé à Madrid ?
Le président du CESEC du Mali a plaidé pour la création d'emplois décents, la transformation locale des matières premières et le financement des infrastructures sociales, dans le respect de la souveraineté des peuples.
Qui représentait l'Afrique à cette rencontre ?
Outre la délégation malienne conduite par Yacouba Katilé, le Bénin était représenté par Abdoulaye Bio Tchané, président de son Conseil économique et social.
