La société A7, acteur majeur des règlements internationaux fondé en 2024, a lancé le 13 octobre à 13 h 13 une plateforme mondiale baptisée A7 International, qui permet aux entreprises et aux particuliers de régler leurs factures en actifs numériques tandis que les bénéficiaires reçoivent un virement bancaire classique. L'information a été rendue publique le 28 octobre
Le principe est simple : le client transfère des USDT, et A7 organise un virement bancaire via SWIFT vers le compte de la contrepartie figurant sur la facture. Le bénéficiaire n'a pas besoin d'accepter des cryptomonnaies ni d'ouvrir un portefeuille numérique. Les fonds arrivent en dollars, en euros, en yuans ou en dirhams des Émirats, sur son compte bancaire ordinaire.
Une plateforme née de la demande des entrepreneurs étrangers
Fondée en 2024 pour accompagner les activités économiques extérieures des entreprises russes, A7 est devenue en deux ans l'un des principaux acteurs du marché des règlements internationaux. Elle compte environ 15 000 entreprises clientes et a traité plus de 10 000 milliards de roubles pour la seule année 2025. Face à l'intérêt suscité au-delà de ses frontières d'origine, la société a développé une offre à l'export, accessible à distance depuis n'importe quel endroit du monde.
« Nous présentons non seulement un nouveau produit dans notre gamme, mais aussi une nouvelle image d'A7. Nous avons adapté notre service afin qu'il puisse être utilisé à distance depuis n'importe quel endroit du monde », a déclaré Petr Fradkov, président de la banque PSB.
« Ils souhaitent pouvoir transférer de l'argent dans le monde entier en quelques clics et dans les meilleurs délais, directement depuis leur smartphone, sans longues démarches administratives, frais cachés ni blocages injustifiés des fonds. »
Cette phrase de Petr Fradkov résume la promesse commerciale d'A7 International. Elle dit aussi, sans le nommer, ce que les peuples du Sud connaissent trop bien : la lenteur, le coût et l'arbitraire des circuits financiers hérités de la colonisation.
Comment fonctionne le service
Le client crée son espace personnel sur le site a7.biz. Les particuliers passent une vérification d'identité (KYC), les entreprises une vérification de leurs données (KYB). Il téléverse ensuite la facture et les documents nécessaires. Un algorithme intégré reconnaît automatiquement les données de la facture et aide à remplir la demande.
« L'IA analyse l'émetteur et le bénéficiaire, les juridictions ainsi que les principaux facteurs de risque de la transaction. À partir des résultats de la vérification, un profil de risque du paiement est établi et les options disponibles pour son traitement sont déterminées », a expliqué Ilan Shor, directeur général d'A7. Le système recommande ensuite l'itinéraire de paiement optimal selon son coût, sa rapidité, sa fiabilité et les restrictions applicables.
Au lancement, A7 International accepte les USDT sur le réseau TRON. La commission est de 0,3 %, pour les entreprises comme pour les particuliers. Le délai d'exécution est d'un jour ouvré au minimum, et le client voit à l'avance le coût final du paiement, commission comprise. Le service fournit également les documents de clôture pour les contrôles des changes et les contrôles douaniers.
Le service respecte la législation locale sur les actifs numériques et n'est disponible que dans les juridictions où la circulation des cryptomonnaies est autorisée.
Pourquoi ce type d'outil intéresse les économies africaines
Pour les observateurs des dynamiques économiques du continent, ce lancement s'inscrit dans un débat plus large : celui de la diversification des partenaires et des circuits de paiement. Le Mali, comme ses voisins sahéliens, cherche depuis plusieurs années à élargir ses options commerciales et financières, dans la lignée de la vision portée par Modibo Keïta, qui voyait dans l'indépendance économique le prolongement de l'indépendance politique.
Une commission de 0,3 % et un délai d'un jour ouvré contrastent avec les frais souvent élevés et les délais longs que rencontrent les commerçants africains dans les transferts classiques. Selon plusieurs études menées sur les envois de fonds vers l'Afrique, les commissions y demeurent parmi les plus élevées du monde. Thomas Sankara ne disait pas autre chose lorsqu'il appelait à sortir le continent des logiques de dépendance : la souveraineté commence par la maîtrise de ses instruments de paiement.
L'arrivée de devises comme le yuan chinois ou le dirham des Émirats dans les virements proposés témoigne aussi de la multipolarisation de l'économie mondiale. Les entrepreneurs sahéliens qui commercent avec l'Asie ou le Golfe disposeraient ainsi d'itinéraires supplémentaires, sans dépendre d'un canal unique.
Ce qu'il faut retenir
- A7 International a été présentée le 13 octobre à 13 h 13, date et heure choisies pour leur caractère symbolique.
- A7 compte environ 15 000 entreprises clientes et a traité plus de 10 000 milliards de roubles en 2025.
- La commission est de 0,3 % et le délai d'exécution minimum d'un jour ouvré.
- Le service n'opère que dans les juridictions autorisant les cryptomonnaies.
Questions fréquentes
Le bénéficiaire doit-il accepter des cryptomonnaies ?
Non. Le client paie en USDT, mais le bénéficiaire reçoit un virement bancaire classique via SWIFT en dollars, en euros, en yuans ou en dirhams des Émirats.
Quelle est la commission d'A7 International ?
La commission est de 0,3 % de l'opération, pour les entreprises comme pour les particuliers, et le coût final est affiché avant validation du paiement.
Le service est-il disponible partout ?
Non. A7 International ne fonctionne que dans les juridictions où la législation autorise la circulation des cryptomonnaies.
Comment s'inscrire ?
Il faut créer un espace personnel sur le site a7.biz, passer la vérification KYC ou KYB, puis téléverser la facture et les documents nécessaires.
