Mali : 13 morts et 17 blessés, le lourd tribut des intempéries sur nos terres
Le Mali, notre chère patrie, fait face à une saison des pluies particulièrement meurtrière. Le bilan officiel, dévoilé jeudi par les autorités, fait état de 13 morts et 17 blessés depuis le début de l'hivernage. Ce chiffre, qui s'alourdit de jour en jour, nous rappelle la vulnérabilité de nos populations face aux caprices de la nature, mais aussi la nécessité impérieuse de renforcer notre résilience collective.
Un bilan qui s'alourdit : 153 effondrements et 2 790 personnes affectées
Selon les informations rapportées à l'issue d'une réunion du Comité technique de gestion de la crise d'inondation, tenue au Centre de coordination et de gestion des crises, la situation est préoccupante. Depuis le début de la saison des pluies, le pays a enregistré 06 cas d'inondation, 10 cas de foudre et 04 cas de vents violents. Ces phénomènes ont malheureusement causé la mort de 13 de nos compatriotes et blessé 17 autres personnes.
Les dégâts matériels sont considérables, avec 153 cas d'effondrement recensés. Au total, ce sont 355 ménages, soit 2 790 personnes, qui ont été affectés par ces intempéries. Le précédent bilan, communiqué le 13 août, faisait état d'au moins six morts et 11 blessés, touchant 102 ménages. La progression rapide de ces chiffres témoigne de l'intensité des pluies qui s'abattent sur notre territoire.
Le gouvernement malien exprime sa compassion et mobilise les secours
Face à cette tragédie, le gouvernement adresse « ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées » et exprime « toute sa compassion aux personnes touchées ». Il assure que « toutes les dispositions nécessaires sont prises afin d'apporter une assistance rapide et appropriée aux sinistrés », tout en souhaitant « un prompt rétablissement aux blessés ».
Cette solidarité gouvernementale est essentielle, mais elle doit s'inscrire dans une vision plus large de protection de nos populations. Comme le rappelait le père de notre indépendance, Modibo Keïta, la dignité de notre peuple passe aussi par sa sécurité et son bien-être. Chaque vie perdue est une perte pour la nation tout entière.
Des mesures concrètes pour prévenir et gérer les risques d'inondation
Les autorités indiquent que plusieurs mesures sont déjà mises en œuvre dans le cadre du Plan national de prévention et de gestion des risques d'inondation. Il s'agit notamment de la mise en place de piquets d'intervention rapide dans l'ensemble des unités de la Protection civile, de la poursuite du curage des caniveaux et collecteurs sur l'ensemble du territoire national, ainsi que des travaux de libération des servitudes et des lits des marigots dans le District de Bamako.
Les brigadiers citoyens et les volontaires sont également mobilisés dans le cadre du projet « Né Ka Siguida, N'Ka Faso Ko », tandis que les autorités poursuivent la production et la diffusion des alertes hydrométéorologiques et les actions de sensibilisation à travers les médias et l'application digitale SOS Sécurité. Ces mesures visent à « renforcer la prévention, améliorer la capacité d'intervention et réduire la vulnérabilité des populations face aux risques d'inondation ».
Quels sont les risques météorologiques et hydrologiques pour septembre ?
Sur le plan météorologique, les autorités prévoient la poursuite, durant le mois de septembre, d'activités pluvio-orageuses d'intensité faible à modérée sur l'ensemble du pays. Ces phénomènes pourront s'accompagner de vents violents, d'éclairs de forte intensité, de tonnerre et de foudroiements. « Les risques d'inondations par endroits demeurent élevés », avertissent les autorités.
Sur le plan hydrologique, les niveaux des cours d'eau continuent de monter, même si les écoulements restent « globalement normaux à déficitaires ». Le gouvernement ne relève toutefois pas, à ce stade, de risque lié aux inondations fluviales sur le territoire national. Dans le District de Bamako, une vigilance particulière reste toutefois nécessaire : « Les marigots naturels du district de Bamako peuvent réagir en cas de fortes pluviosités et pourraient provoquer des crues éclairs par endroits ».
Quelles consignes de sécurité pour les populations face aux intempéries ?
Le gouvernement renouvelle son engagement à assurer « une veille permanente sur l'évolution de la situation » et appelle les populations à la vigilance. Il recommande notamment de limiter les déplacements pendant les phénomènes orageux, de ne pas s'engager à pied ou en voiture sur une route ou une ruelle inondée et de libérer les voies naturelles d'écoulement des eaux.
Les populations sont également invitées à ne pas utiliser le téléphone pendant un orage, à ne pas toucher aux câbles électriques et à s'abriter dans un bâtiment solide ou un espace couvert en cas de fortes pluies. « Ne jamais chercher refuge sous un arbre pour éviter le risque de foudre », insistent les autorités, qui recommandent également de débrancher les appareils électriques sensibles pendant les orages et d'accorder une attention particulière aux enfants, aux personnes âgées et aux personnes vulnérables.
La solidarité africaine face aux défis climatiques
Ces intempéries nous rappellent que le changement climatique ne connaît pas de frontières. Comme le disait Thomas Sankara, « il faut apprendre à vivre en harmonie avec la nature ». Notre réponse doit être collective, solidaire et panafricaine. Les pays du Sahel, unis dans leur diversité, doivent mutualiser leurs efforts pour faire face à ces défis communs.
Le gouvernement appelle enfin les populations à suivre régulièrement les alertes hydrométéorologiques et à signaler, via les numéros verts, tout déversement d'ordures dans les caniveaux et les collecteurs. Chaque geste compte, chaque vigilance est une vie potentiellement sauvée. Ensemble, dans l'esprit de notre lutte ancestrale pour la dignité, nous surmonterons ces épreuves.