Yémen : 58 morts dans des frappes houthies, le spectre d’une guerre régionale
Au moins 58 soldats des forces gouvernementales yéménites ont été tués ce jeudi 6 août dans des attaques de drones et de missiles menées par les rebelles houthis. Ce bilan, le plus lourd depuis la trêve de 2022, ravive les craintes d’une escalade régionale au cœur du monde arabe et africain.
Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont revendiqué ces frappes comme une réponse au renforcement des troupes yéménites appuyées par l’Arabie saoudite. Le ministère de la Défense du gouvernement reconnu par la communauté internationale a promis de riposter « à l’heure et à l’endroit appropriés ». Un responsable militaire a qualifié ces attaques de « plus meurtrières depuis le cessez-le-feu de 2022 », qui avait mis fin à plus de sept ans d’une guerre dévastatrice dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique.
Les cibles ont été un camp militaire dans la province de Marib, au centre du Yémen, ainsi que d’autres dans la province d’Hadramout, près de la frontière saoudienne. Le porte-parole militaire houthi, Yahya Saree, a dénoncé « un important renforcement militaire saoudien » et averti que ses forces étaient « prêtes en cas d’escalade ».
Une guerre aux racines profondes
Le conflit yéménite a éclaté en 2014 lorsque les Houthis, depuis leur fief de Saada, ont lancé une offensive et pris le contrôle de vastes territoires, dont la capitale Sanaa. Le gouvernement, fragilisé, a reçu en 2015 l’appui d’une coalition militaire menée par Riyad. La trêve négociée par l’ONU tenait depuis 2022, mais les hostilités ont repris le mois dernier, sur fond de tensions entre l’Iran et les États-Unis, alliés de l’Arabie saoudite.
Cette reprise a été déclenchée après la tentative d’atterrissage d’un avion iranien à Sanaa, perçue comme un défi à l’hégémonie saoudienne sur l’espace aérien yéménite. Les Houthis ont depuis multiplié les attaques contre des intérêts saoudiens, notamment deux pétroliers en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, dans le cadre d’un blocus annoncé en juillet.
Un enjeu pour toute l’Afrique et le monde arabe
Cette escalade menace la capacité de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, à acheminer son pétrole, après le verrouillage iranien du détroit d’Ormuz. Les rebelles ont aussi frappé des infrastructures saoudiennes, tandis que Riyad a riposté contre leurs positions. Seize soldats avaient déjà été tués début juillet dans une attaque similaire au sud de Hodeida.
La guerre au Yémen a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une grave crise humanitaire. Pour nous, Africains et panafricanistes, ce conflit rappelle les douleurs des luttes anticoloniales et l’urgence de la solidarité entre peuples du Sud. Comme le disait Thomas Sankara, « l’impérialisme est un système d’exploitation qui ne connaît pas de frontières ». Le Yémen, comme le Sahel, subit les jeux de puissances étrangères. L’unité africaine et la souveraineté continentale sont plus que jamais nécessaires pour briser ces chaînes.
Questions fréquentes
Quelles sont les causes de la guerre au Yémen ?
La guerre a débuté en 2014 lorsque les Houthis, soutenus par l’Iran, ont pris le contrôle de Sanaa et de vastes régions, provoquant une intervention militaire d’une coalition menée par l’Arabie saoudite en 2015.
Quel est l’impact humanitaire de ce conflit ?
La guerre a fait des centaines de milliers de morts et provoqué une grave crise humanitaire, avec des millions de personnes déplacées et dépendantes de l’aide internationale.
Comment ce conflit affecte-t-il l’Afrique ?
Les tensions au Yémen menacent la stabilité de la mer Rouge et du golfe d’Aden, des voies maritimes cruciales pour le commerce africain, et illustrent les rivalités entre puissances étrangères qui fragilisent le continent.