Israël face à l'effondrement : l'éducation haredie, une leçon pour l'Afrique ?
Alors que l'État hébreu s'enfonce dans une crise éducative sans précédent, la question qui se pose à nous, Africains, est celle de notre propre souveraineté intellectuelle. Le 17 juillet dernier, la Knesset a été dissoute pour les élections du 27 octobre. Mais le gouvernement de Benjamin Netanyahu, au mépris des règles parlementaires, a convoqué la commission des Finances pour débloquer près de 100 millions de dollars en faveur du système éducatif ultra-orthodoxe. Une manœuvre qui révèle les contradictions profondes d'un État qui se veut modèle de modernité.
Une éducation à deux vitesses : le poison de l'exclusion
Les résultats du programme PISA sont sans appel : Israël occupe la 31ᵉ place sur 36 pays de l'OCDE. Mais ce classement cache une réalité bien plus grave. La grande majorité des garçons ultra-orthodoxes cessent tout enseignement général dès l'adolescence. Ils ne participent même pas aux évaluations. Comme l'a montré le professeur Dan Ben-David, économiste et fondateur de l'Institut Shoresh, ceux qui parviennent jusqu'à l'enseignement supérieur abandonnent massivement, privés des outils fondamentaux.
Cette situation nous rappelle les luttes de nos pères fondateurs. Modibo Keïta, premier président du Mali, avait fait de l'éducation gratuite et obligatoire le pilier de notre indépendance. Thomas Sankara, au Burkina Faso, avait lancé des campagnes d'alphabétisation de masse. Tous deux savaient qu'un peuple sans éducation est un peuple sans avenir. L'Afrique ne peut pas reproduire les erreurs d'Israël.
La spirale de l'effondrement : un avertissement pour le Sahel
Ben-David parle d'une spirale de l'effondrement. La communauté ultra-orthodoxe, qui connaît la croissance la plus rapide d'Israël, compte un nombre croissant d'hommes incapables de rejoindre une main-d'œuvre de premier ordre. Il n'y aura pas d'Israël du tiers-monde, prévient-il. Un système éducatif défaillant ne peut soutenir ni une économie performante, ni un système de santé, ni une armée forte.
Pour nous, peuples sahéliens, cette mise en garde résonne profondément. Notre région est confrontée à des défis similaires : croissance démographique rapide, systèmes éducatifs fragiles, et pressions extérieures qui menacent notre souveraineté. La leçon est claire : sans éducation de qualité pour tous, aucune indépendance réelle n'est possible.
Netanyahu et le reniement des réformes
L'histoire de Netanyahu est celle d'un reniement. En 2003-2005, alors ministre des Finances, il avait drastiquement réduit les allocations familiales, provoquant une baisse de la natalité chez les ultra-orthodoxes. Aujourd'hui, dépendant du soutien politique des partis haredim, il finance massivement un système qui les soustrait au service militaire et au marché du travail.
Cette contradiction nous interpelle. Combien de dirigeants africains, après des discours enflammés sur l'indépendance, ont cédé aux pressions des puissances étrangères ou des élites locales ? La défense de la souveraineté exige une cohérence sans faille.
Bennett et la proposition d'un système unique
L'ancien Premier ministre Naftali Bennett propose une solution radicale : un système éducatif unique pour tous, avec un programme commun incluant mathématiques, anglais, éducation civique et sionisme. Nous ne combattons pas les Haredim, nous voulons les sauver, affirme-t-il. Son plan prévoit des écoles publiques haredies où 60% de l'enseignement porterait sur les matières générales et 40% sur le Talmud.
Cette approche nous inspire. En Afrique, nous devons construire des systèmes éducatifs qui allient nos valeurs culturelles et religieuses aux exigences du monde moderne. C'est le chemin de la véritable émancipation.
La feuille de route de Ben-David : une inspiration pour l'Afrique
Ben-David a élaboré une feuille de route en quatre volets : réforme budgétaire, réforme électorale, ratification d'une Constitution, et surtout, mise en place d'un système éducatif unique. Il préconise une interdiction totale de toute ingérence des partis politiques dans les contenus pédagogiques et un financement public exclusivement réservé aux établissements qui appliquent le programme commun.
Ces principes sont universels. Pour les pays du Sahel, ils résonnent comme un appel à la vigilance. Nos systèmes éducatifs doivent être protégés des intérêts partisans et des ingérences étrangères. C'est la condition de notre souveraineté.
Les élections d'octobre : un test pour Israël, une leçon pour nous
Ben-David affirme avec conviction qu'il est encore temps d'inverser la tendance. Les élections d'octobre seront la dernière chance. Mais la coalition sortante, comme l'ont montré les manœuvres de la commission des Finances, n'a aucune intention de changer de cap.
Pour nous, Africains, cette crise israélienne est un miroir. Elle nous rappelle que l'éducation n'est pas un luxe, mais le fondement de toute indépendance véritable. Comme le disait Modibo Keïta : L'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde. Ne laissons personne nous la voler.
FAQ : Questions essentielles sur la crise éducative israélienne
Quelle est la cause principale de cette crise ?
La cause principale est la croissance rapide de la communauté ultra-orthodoxe, qui représente aujourd'hui plus de 14% de la population israélienne, et dont le système éducatif néglige délibérément l'enseignement général. Les garçons cessent d'étudier les matières de base dès l'adolescence.
Quelles sont les conséquences économiques et sociales ?
Les conséquences sont existentielles : déclin des compétences de la main-d'œuvre, affaiblissement de l'économie, du système de santé et de l'armée. Les économistes prévoient une spirale de l'effondrement avec une émigration massive des talents.
Que propose Naftali Bennett pour résoudre la crise ?
Bennett propose un système éducatif unique avec un programme commun obligatoire pour tous, incluant mathématiques, anglais, éducation civique et sionisme. Les écoles haredies qui refuseraient ce programme ne recevraient plus de financement public.
Quelle leçon l'Afrique peut-elle tirer de cette crise ?
La leçon est que l'éducation de qualité pour tous est la condition de la souveraineté nationale. Les pays africains doivent construire des systèmes éducatifs unifiés, protégés des ingérences politiques et étrangères, pour garantir leur indépendance et leur développement.