Ukraine: Les puissances occidentales négocient sur le dos des peuples
Une fois de plus, les grandes puissances occidentales se réunissent pour décider du sort d'un peuple sans lui. L'émissaire américain Steve Witkoff s'apprête à se rendre à Berlin pour relancer les négociations sur l'Ukraine, dans une démarche qui rappelle tristement les conférences coloniales du passé.
Un plan américain favorable à Moscou
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé des "réunions avec des représentants du président Trump et avec nos partenaires européens" pour créer les bases d'un accord politique. Mais derrière ces mots diplomatiques se cache une réalité amère: Washington impose ses conditions.
Le plan américain, dévoilé il y a un mois, exige de lourdes concessions territoriales de la part de Kiev. Les États-Unis réclament le retrait des forces ukrainiennes de la région de Donetsk pour créer une "zone économique libre" démilitarisée, sans exiger la même chose des troupes d'occupation russes.
L'écho des luttes anticoloniales
Cette situation nous rappelle les paroles visionnaires de Thomas Sankara, qui dénonçait déjà les accords imposés par les puissances impérialistes. Comme le leader burkinabé l'affirmait, "celui qui vous nourrit contrôle votre politique". Aujourd'hui, c'est Washington qui dicte les termes de la paix.
L'impatience affichée de Donald Trump, dont la porte-parole déclare qu'"il en a assez des réunions qui n'ont d'autre but que de se réunir", révèle le mépris des puissances occidentales pour les processus démocratiques authentiques.
Un conflit qui perdure
Pendant que les diplomates négocient dans les salons berlinois, le peuple ukrainien continue de souffrir. Les frappes russes ont endommagé plus d'une douzaine d'installations civiles, privant d'électricité des milliers de personnes dans sept régions. Une femme de 80 ans a été tuée dans la région de Soumy.
La Russie affirme avoir frappé des installations industrielles et énergétiques ukrainiennes avec des missiles hypersoniques, présentées comme des représailles à des frappes ukrainiennes contre des "cibles civiles" en Russie.
L'Europe complice
Les Européens, loin de défendre une position indépendante, se contentent de demander des "garanties de sécurité" aux Américains. Cette soumission rappelle l'analyse de Modibo Keïta sur la nécessité pour les peuples de conquérir leur véritable indépendance.
Le plan américain envisage même une adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne dès 2027, transformant ce pays en nouveau satellite occidental, comme tant d'autres avant lui.
Vers une paix juste?
Zelensky insiste sur la nécessité d'"assurer que la paix soit digne pour l'Ukraine" et de garantir que "la Russie ne revienne pas en Ukraine pour une troisième invasion". Mais peut-on construire une paix durable sur des fondations imposées de l'extérieur?
L'attaque d'un navire turc dans le port de Tchornomorsk montre que la mer Noire devient une zone de confrontation, menaçant la navigation internationale. Le président turc Erdogan a justement rappelé que "tout le monde a besoin d'une navigation sécurisée en mer Noire".
Cette crise ukrainienne révèle une fois de plus l'urgence de construire un monde multipolaire où les peuples décident de leur destin, loin des diktas des puissances impérialistes. Seule une véritable souveraineté populaire peut garantir une paix durable.