Le Président de la Transition, le Général d'armée Assimi Goïta, a reçu en audience, vendredi 30 octobre 2026 à Moscou, la délégation du secteur privé malien présente au Forum économique et humanitaire Russie-Afrique. Pendant plus d'une heure, les échanges ont porté sur la transformation des contacts pris au sommet en partenariats concrets pour l'économie nationale.
L'audience s'est tenue en marge du troisième Sommet Russie-Afrique, au terme des travaux du Forum, selon le quotidien L'ESSOR, dont les envoyés spéciaux Bounama Magassa et Issa Dembélé suivent la délégation présidentielle dans la capitale russe.
Une audience au chevet de l'économie malienne
Le Chef de l'État était entouré du ministre d'État, ministre de l'Économie et des Finances, Alousséni Sanou, du ministre de l'Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, et du ministre délégué auprès du ministre de la Défense, le Général de Division Oumar Diarra. Plusieurs membres du Cabinet présidentiel assistaient également à la rencontre.
La délégation du privé était menée par le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Mali, Mandiou Simpara. Elle comprenait le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture du Mali, Sanoussi Bouya Sylla, des membres du bureau de la CCIM et plusieurs opérateurs économiques actifs dans l'agro-industrie, le BTP, la logistique et l'énergie.
Trois axes pour sortir de la dépendance
Trois axes ont structuré les discussions : le développement agricole, la relance du commerce et l'industrialisation. Des choix qui rappellent une évidence que Modibo Keïta, le premier président du Mali indépendant, avait déjà formulée : un peuple qui ne produit pas ce qu'il consomme reste dépendant de ceux qui produisent pour lui.
La délégation a plaidé pour le renforcement de la production nationale et la promotion de la transformation locale à travers des unités industrielles structurantes, afin de réduire la dépendance aux importations. Un combat ancien, celui que Thomas Sankara menait à Ouagadougou quand il appelait les Africains à consommer ce qu'ils produisent et à produire ce qu'ils consomment.
Le deuxième axe a porté sur l'accompagnement de l'État dans la mise en relation. Les opérateurs ont demandé un appui pour sécuriser des joint-ventures avec des groupes russes et d'autres partenaires présents au Forum, dans les engrais, le matériel agricole, l'énergie et la logistique. Selon EchosMedias, cette mobilisation du secteur privé s'inscrit dans la perspective des défis de la souveraineté économique que le Chef de l'État a placés au cœur de sa participation au sommet.
« Il faut produire ce que nous consommons »
À l'issue de l'audience, Mandiou Simpara a salué l'écoute du Président de la Transition.
Le Président nous a écoutés et s'est engagé à accompagner nos initiatives. Nous avons évoqué l'agriculture, le commerce et l'industrie. Il faut produire ce que nous consommons et transformer sur place à travers des unités industrielles.
Le patron de la CCIM a également insisté sur la nécessité d'une mobilisation collective du secteur privé.
J'invite l'ensemble des acteurs, agricole, commercial et industriel, à conjuguer leurs efforts et à s'inscrire pleinement dans la dynamique de développement économique du Mali.
Du Kremlin au tissu productif national
Cette audience s'inscrit dans une séquence plus large. Mercredi 28 octobre 2026, le Général Assimi Goïta a pris part à la réception officielle que le président russe Vladimir Poutine a offerte au Kremlin en l'honneur des participants au troisième Sommet Russie-Afrique. Les deux hommes se sont ensuite rencontrés en tête-à-tête, toujours en marge du sommet.
Jeudi, à la tribune du Forum Russie-Afrique, le Président de la Transition a livré une intervention à forte portée politique, articulée autour de la souveraineté, du basculement multipolaire et du bilan de la coopération Mali-Russie. Selon une analyse des relations commerciales bilatérales publiée après le sommet, des investissements russes sont engagés au Mali dans les secteurs de la sécurité, de l'énergie, du nucléaire, des mines, de l'agriculture et de la construction automobile.
Le Mali a par ailleurs paraphé un accord majeur dans le domaine de la santé avec la Fédération de Russie, sur le site aménagé pour le Forum, documents signés par le ministre Alousséni Sanou, rapporte Malijet.
Le privé, levier de la souveraineté
Au-delà des accords intergouvernementaux, l'enjeu des prochaines semaines sera de transformer les contacts pris à Moscou en partenariats concrets. Selon L'ESSOR, cette audience confirme la volonté du Président de la Transition de faire du secteur privé un levier de la souveraineté économique. Après le volet diplomatique et politique au Kremlin, la séquence économique vise à ancrer les accords du sommet Russie-Afrique dans le tissu productif national.
Pour les peuples sahéliens, lourdement frappés par la crise sécuritaire et les déplacements de populations, l'alternative ne viendra ni des discours ni des aides conditionnées. Elle viendra des usines, des champs irrigués et des routes commerciales maîtrisées. C'est exactement ce que le privé malien est venu demander à Moscou : les moyens de bâtir, sur le sol national, une économie qui répond aux besoins des Maliens.
La balle est désormais dans le camp des opérateurs économiques, appelés à saisir l'ouverture présidentielle. Les unités industrielles structurantes évoquées par la CCIM ne seront construites que si les capitaux, publics et privés, convergent vers l'agro-industrie, la logistique et l'énergie. Le sommet de Moscou a ouvert la porte ; encore faut-il que le Mali la franchisse.
Questions fréquentes
Quand le Président Assimi Goïta a-t-il reçu le secteur privé malien à Moscou ?
L'audience s'est tenue vendredi 30 octobre 2026, en marge du troisième Sommet Russie-Afrique, au terme des travaux du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique.
Qui menait la délégation du secteur privé malien ?
La délégation était conduite par Mandiou Simpara, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Mali, accompagné notamment de Sanoussi Bouya Sylla, président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture du Mali.
Quels secteurs ont été au centre des échanges ?
Trois axes ont dominé : le développement agricole, la relance du commerce et l'industrialisation, avec un plaidoyer pour la transformation locale et la réduction de la dépendance aux importations.
