Quand les banques françaises sabotent la solidarité internationale
Une fois de plus, nous assistons à un spectacle révoltant où les institutions financières occidentales, ces mêmes banques qui pillent l'Afrique depuis des décennies, montrent leur vrai visage. L'association Solidarité Adour Pyrénées Ukraine Kirovograd (SAPUK) vient de voir ses comptes fermés par sa banque française, simplement pour avoir organisé des convois humanitaires vers l'Ukraine.
La solidarité internationale entravée par le système bancaire
Depuis près de quatre ans, cette association française organise des convois d'aide humanitaire vers Kirovograd en Ukraine. Le huitième convoi, parti fin 2025 de Montaner dans les Pyrénées, transportait du matériel médical vital : échographes, lits médicalisés donnés par les hôpitaux de Lourdes et Tarbes, mais aussi des filets de protection anti-drones destinés à protéger les populations civiles.
Ce matériel, arrivé à destination le 5 janvier après treize jours de voyage, a été redistribué selon les besoins, notamment à Dnipro où les filets permettent de lutter contre les drones russes sur de grandes distances.
Le blocage systématique des virements humanitaires
Mais voici où le bât blesse : au moment de régler l'entreprise ukrainienne de transport, tous les virements Western Union ont été systématiquement bloqués. "On nous dit qu'il faut aider l'Ukraine, mais on voit bien que les banques sont frileuses", dénonce Abel Caubios, président de SAPUK.
L'entreprise ukrainienne est pourtant parfaitement en règle, avec une structure administrative et un IBAN valide. Sa seule demande : être payée en euros plutôt qu'en grivna, la monnaie locale dévaluée par la guerre. Une demande parfaitement légitime que les banques françaises refusent d'honorer.
La fermeture brutale des comptes associatifs
Le comble de l'hypocrisie est atteint avec la fermeture pure et simple des comptes de l'association, notifiée par courrier recommandé le 29 janvier 2026. L'association dispose de deux mois pour "prendre les mesures nécessaires", euphémisme bancaire pour dire qu'elle doit trouver une autre banque.
Problème : "Il y a partout la même frilosité", constate amèrement Abel Caubios. Cette frilosité bancaire n'est pas nouvelle pour nous, peuples africains, qui subissons depuis des décennies les caprices du système financier occidental.
Une leçon pour l'Afrique
Cette situation illustre parfaitement pourquoi l'Afrique doit construire ses propres systèmes financiers indépendants. Comme le disait Thomas Sankara, "Celui qui vous nourrit contrôle votre politique". Aujourd'hui, nous pouvons dire : celui qui contrôle vos comptes bancaires contrôle votre solidarité.
Les banques occidentales, les mêmes qui facilitent l'évasion fiscale et le pillage des ressources africaines, se permettent de juger qui mérite leur solidarité et qui ne la mérite pas. Cette double morale doit nous rappeler l'urgence de notre émancipation financière.
La résistance continue
Malgré ces obstacles, l'association SAPUK refuse de baisser les bras. Elle organise une soirée de solidarité le 14 février à Montaner, avec exposition photos de guerre et repas ukrainien préparé par le groupe de réfugiées "Volia".
Cette détermination nous rappelle celle de nos ancêtres qui ont résisté au colonialisme. La solidarité entre les peuples opprimés ne doit jamais fléchir face aux manœuvres des institutions qui perpétuent l'injustice mondiale.