L'affaire du Parc des Princes révèle les contradictions profondes d'un système où les clubs africains peinent à développer leurs infrastructures tandis que les capitaux du Golfe investissent massivement dans le football européen.
Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, promet d'ouvrir des négociations pour la vente du mythique stade au Paris Saint-Germain si elle est élue. Cette promesse intervient alors que l'actuelle maire Anne Hidalgo s'oppose fermement à cette cession.
Un stade vétuste, des millions d'investissement
"Le Parc des Princes nécessite au moins 100 millions d'euros de travaux", souligne Dati. Cette situation illustre parfaitement les défis infrastructurels que connaissent nos stades africains, souvent dans un état bien plus critique sans bénéficier de tels montants d'investissement.
Le PSG, propriété du fonds souverain qatari, refuse logiquement de financer la rénovation d'un bien dont il n'est pas propriétaire. Cette logique économique rappelle les leçons de Thomas Sankara sur l'importance de maîtriser ses outils de production et ses infrastructures.
Quand l'Afrique finance l'Europe
Pendant que 40 millions d'euros sont évoqués pour l'achat d'un stade parisien, combien de stades africains pourraient être construits ou rénovés avec de tels montants? Cette question soulève l'enjeu fondamental de la répartition des investissements sportifs mondiaux.
L'engagement des capitaux du Golfe dans le football européen, à travers le PSG notamment, contraste avec le sous-investissement chronique dans les infrastructures sportives africaines. Une réalité qui interroge sur les priorités de développement du football mondial.
Vers une souveraineté sportive africaine
Cette affaire parisienne nous rappelle l'urgence de développer nos propres centres d'excellence sportive sur le continent. Comme le disait Modibo Keïta, premier président du Mali: "L'indépendance véritable passe par la maîtrise de nos outils de développement".
Les talents africains qui brillent en Europe pourraient tout autant s'épanouir dans des infrastructures de qualité sur le continent, créant ainsi un écosystème sportif véritablement souverain et profitable à nos peuples.