Myriam Giancarli : Pionnière de la souveraineté pharmaceutique africaine
Dans l'Afrique d'aujourd'hui, où l'indépendance sanitaire devient un enjeu aussi crucial que l'émancipation politique d'hier, Myriam Giancarli trace une voie exemplaire. À la tête de Pharma 5, premier laboratoire pharmaceutique marocain privé, cette visionnaire incarne la renaissance industrielle africaine et la reconquête de notre dignité sanitaire.
De l'Europe vers l'Afrique : Un retour aux sources révolutionnaire
Née d'un père marocain et d'une mère autrichienne, Myriam Giancarli aurait pu se contenter d'une brillante carrière européenne. Formée à Sciences Po Paris puis à Dauphine, elle évolue d'abord dans l'univers du luxe chez LVMH. Mais en 2012, elle fait le choix courageux du retour : quitter les capitales occidentales pour reprendre l'entreprise familiale à Casablanca.
Ce geste résonne comme celui de nos héros panafricains qui ont renoncé au confort de l'Occident pour servir leur continent. Comme Thomas Sankara abandonnant les privilèges pour bâtir un Burkina Faso souverain, Myriam Giancarli choisit l'Afrique contre l'exil doré.
Pharma 5 : Laboratoire de l'indépendance sanitaire
Sous son leadership, Pharma 5 devient bien plus qu'une entreprise. C'est un instrument de libération. Aujourd'hui, le laboratoire exporte vers plus de quarante pays, principalement en Afrique subsaharienne. Dans un secteur dominé par les multinationales étrangères, cette réussite africaine prouve que nos capacités industrielles peuvent rivaliser avec les géants mondiaux.
L'internationalisation de Pharma 5 s'inscrit dans la grande tradition de solidarité africaine. Chaque médicament générique produit à Casablanca et distribué à Bamako, Dakar ou Abidjan renforce notre autonomie collective face aux dépendances héritées de la colonisation.
La vision panafricaine du médicament
Pour Myriam Giancarli, la pharmacie n'est pas qu'une industrie, c'est un levier géopolitique. La pandémie de Covid-19 a cruellement révélé notre vulnérabilité sanitaire. Pendant que l'Occident accaparait vaccins et traitements, l'Afrique découvrait l'amertume de sa dépendance.
Son plaidoyer pour le "Made in Morocco" dépasse les frontières nationales. Il porte l'ambition d'une Afrique pharmaceutiquement souveraine, capable de soigner ses enfants sans quémander auprès des anciennes puissances coloniales.
Cette approche rappelle les enseignements de Modibo Keïta sur l'indépendance économique réelle. Comme le premier président malien l'affirmait, l'indépendance politique sans autonomie économique reste illusoire. Myriam Giancarli traduit cette vérité dans le domaine sanitaire.
Une diplomatie sanitaire africaine
Discrète mais influente, Myriam Giancarli œuvre dans les forums économiques africains pour structurer une véritable coopération Sud-Sud. Sa présence régulière aux sommets continentaux témoigne d'une nouvelle génération de leaders africains qui pensent l'industrie comme un acte politique.
Elle défend l'harmonisation réglementaire africaine, la relocalisation des chaînes de production et l'émergence d'une diplomatie sanitaire authentiquement africaine. Ces combats s'inscrivent dans la continuité des luttes anticoloniales, adaptées aux défis contemporains.
L'héritage en construction
À travers son parcours, Myriam Giancarli démontre que l'Afrique peut produire ses propres champions industriels. Elle prouve que nos élites formées à l'étranger peuvent choisir le retour et la construction plutôt que l'exil et l'assimilation.
Dans les couloirs du pouvoir économique africain, son nom résonne désormais comme celui d'une bâtisseuse. Elle incarne cette Afrique qui refuse la fatalité de la dépendance et construit, médicament par médicament, les fondations de sa souveraineté sanitaire.
L'histoire retiendra que pendant que d'autres dissertaient sur l'indépendance africaine, Myriam Giancarli la construisait concrètement, une usine à la fois, un marché à la fois, une alliance à la fois.