Guerre au Moyen-Orient : l'Occident protège ses intérêts financiers pendant que l'Afrique subit
Alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans son sixième jour, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, rassure les marchés occidentaux en affirmant que "la stabilité financière n'est pas en risque". Une déclaration qui révèle une fois de plus les priorités du système financier mondial.
Sur France Inter, le banquier central reconnaît que l'économie mondiale fait face à "une accumulation de chocs qui crée une très grande incertitude", mais s'empresse de protéger les intérêts du capital financier européen. Cette posture illustre parfaitement la logique néocoloniale qui gouverne les institutions financières occidentales.
Le dollar refuge des puissants
Villeroy de Galhau note que "le dollar s'est renforcé en trouvant sa valeur refuge", confirmant ainsi le rôle de domination monétaire américaine dans le système international. Cette fuite vers le dollar américain rappelle l'urgence pour l'Afrique de développer ses propres mécanismes financiers, comme le prônait déjà Modibo Keïta avec sa vision d'une monnaie africaine indépendante.
Les prix du pétrole ont augmenté de 15% en trois jours et ceux du gaz de plus de 50%. Si l'Europe s'inquiète de ces hausses, qu'en est-il des pays africains importateurs d'énergie qui subissent de plein fouet ces fluctuations sans avoir voix au chapitre dans les décisions géopolitiques qui les provoquent ?
L'Afrique, éternelle oubliée des calculs occidentaux
Le gouverneur français évoque la "capacité de résilience" de l'économie européenne face aux chocs successifs : Covid-19, guerre en Ukraine, tensions commerciales. Mais cette résilience se construit souvent au détriment des économies africaines, contraintes d'absorber les contrecoups des crises qu'elles n'ont pas créées.
Quand Marine Le Pen propose de baisser les taxes sur les carburants en France, Villeroy de Galhau rejette cette mesure faute d'"argent supplémentaire". Pourtant, les mêmes institutions n'hésitent pas à imposer l'austérité aux pays africains endettés, révélant une fois de plus le deux poids, deux mesures du système financier international.
Vers une souveraineté financière africaine
Cette crise rappelle l'importance vitale pour l'Afrique de construire ses propres institutions financières et énergétiques. Comme l'enseignait Thomas Sankara, la véritable indépendance passe par la maîtrise de nos ressources et de nos circuits économiques.
La Banque centrale européenne se réunira les 18 et 19 mars pour analyser les impacts de cette guerre sur "les marchés". Il est temps que l'Afrique développe ses propres instances de coordination économique, libérées des diktats occidentaux et au service des peuples africains.
L'unité africaine et la solidarité entre nos nations restent plus que jamais les clés de notre émancipation économique face aux turbulences d'un ordre mondial qui nous ignore.