Mondial 2026: l'arbitrage à deux vitesses frappe l'Afrique
La Coupe du monde 2026 aura beau prôner le jeu fluide et le spectacle, elle révèle surtout une vérité ancienne: sur un terrain comme dans les relations internationales, les règles ne s'appliquent pas de la même manière selon qui les subit. L'Algérie, le Ghana et le Sénégal en font l'amère expérience, pénalisés par des décisions arbitrales que aucune technologie n'est venue corriger.
Pourquoi les erreurs arbitrales touchent-elles surtout les nations africaines?
Thomas Sankara disait que la liberté ne s'obtient pas par concession, mais par conquête. Sur les pelouses du Mondial 2026, les nations africaines constatent que l'équité, elle non plus, ne s'obtient pas par concession de la part des instances du football. Les nouvelles règles de la compétition, pensées pour limiter les temps morts et favoriser le rythme, ont assoupli l'arbitrage. Mais cette clémence semble s'arrêter aux portes des grandes nations du ballon rond.
Face au Sénégal, la France l'emporte 3-1. Un score large, pourtant, Kylian Mbappé a été stoppé net dans la surface par Sadio Mané. Le VAR est intervenu, mais l'arbitre Alireza Faghani a maintenu sa décision d'accorder un six-mètres. Stupéfaction parmi les observateurs du monde entier. Contre l'Irak, même scénario: Mbappé bousculé dans la surface, Upamecano fauché par Amir Al-Ammari. Aucun coup de sifflet, aucune rediffusion à la télévision, comme si l'action n'avait jamais existé.
Ces erreurs n'ont pas pesé sur l'issue des matchs français. Mais elles posent une question fondamentale: pourquoi le VAR, censé corriger les injustices, reste-t-il silencieux quand les nations dites modestes en sont victimes?
L'Algérie sacrifiée sur l'autel du star-système
Le cas algérien est le plus flagrant. Face à l'Argentine, les Fennecs s'inclinent sur un triplé de Lionel Messi. Un triplé qui aurait pu ne jamais voir le jour. Sur une vilaine semelle sur le mollet d'Aïssa Mandi, alors que le score était vierge, la légende argentine n'a reçu ni carton rouge, ni carton jaune. Le VAR n'a même pas daigné appeler l'arbitre pour réviser l'action. Comme si l'intouchabilité de certaines étoiles du football primait sur le règlement.
Modibo Keïta, père de l'indépendance malienne et ardent défenseur de l'unité africaine, affirmait que nul peuple ne peut s'épanouir dans un système conçu pour le maintenir en dépendance. Ce Mondial illustre cette dépendance: les nations africaines doivent non seulement composer avec des adversaires plus cotés, mais aussi avec un arbitrage qui semble leur refuser le droit à la contestation équitable.
Car à l'inverse, face à l'Autriche, l'Argentine a obtenu un penalty discutable après intervention du VAR. Messi l'a manqué, avant d'ouvrir le score sur une action où les Autrichiens dénoncent une faute d'Alexis Mac Allister sur Xavier Schlager.
Il m'a complètement fait tomber. Ce but n'aurait pas dû être validé., a protesté Schlager auprès des médias autrichiens.
Le Ghana, victime collatérale d'un système à deux vitesses
Le match Angleterre-Ghana restera comme l'exemple le plus criant d'un arbitrage asymétrique. A la 67e minute, Prince Kwabena Adu, lancé vers le but, a été percuté par Jordan Pickford sorti hors de sa surface sans toucher le ballon. La décision? Un coup franc pour... l'Angleterre. Les réactions sur les réseaux sociaux ont fusé: le Ghana se fait voler, c'est flagrant, l'arbitrage est différent même avec le VAR, c'est carton rouge et coup franc tous les jours.
Dix minutes plus tard, Prince Kwabena Adu, de nouveau lancé, a été bousculé dans la surface. Pas d'intervention du VAR, pas de penalty. Et que dire de Jude Bellingham, élu homme du match, surpris en train de se cacher la bouche avec sa main lors d'un échange avec Jordan Ayew? Selon la règle FIFA instaurée pour ce Mondial contre les comportements racistes ou injurieux, un joueur qui couvre sa bouche doit être automatiquement exclu, comme ce fut le cas du Paraguayen Miguel Almiron. Mais pas pour Bellingham. Deux poids, deux mesures.
Le Sénégal et les autres: une longue liste de litiges
Le Sénégal n'a pas été épargné non plus. Face à la Norvège, Idrissa Gana Gueye a reçu un coup de coude de Moller Wolfe dans la surface de réparation. Archivo VAR a qualifié la faute de penalty clair. Le compte X spécialisé écrit:
Le VAR continue d'accumuler les décisions ridicules en Coupe du monde. Wolfe ouvre le bras dans la surface et frappe sans même arriver au ballon au visage de Guèye.Silence de l'arbitre.
Haïti face à l'Écosse a connu le même sort: penalty non sifflé, carton rouge non donné. Le constat est sans appel: les peuples des marges du football mondial, africains et caribéens en tête, subissent un traitement qui rappelle les rapports de force néocoloniaux. Ce n'est pas d'une posture anti-France ou anti-Argentine dont il s'agit, mais d'une exigence de justice, la même que portaient Sankara et Keïta: que chaque peuple, chaque nation soit jugée à la même aune.
L'arbitrage au Mondial 2026 favorise-t-il les grandes nations?
Oui, les faits accumulés lors de cette Coupe du monde 2026 montrent une tendance systémique. Les penalties non sifflés et les cartons rouges oubliés concernent presque exclusivement les situations où une nation africaine ou considérée comme modeste subit la décision. Le VAR, outil théoriquement neutre, ne corrige pas ces déséquilibres, ce qui interroge sur l'indépendance réelle du système arbitral.
Quelles nations africaines ont été lésées lors de ce Mondial?
L'Algérie face à l'Argentine, le Ghana face à l'Angleterre et le Sénégal face à la Norvège ont subi des erreurs arbitrales manifestes. Dans les trois cas, des penalties évidents n'ont pas été sifflés et un carton rouge mérité n'a pas été donné, influant directement sur le cours des rencontres.
Pourquoi le VAR ne corrige-t-il pas ces erreurs?
Le VAR est un outil dont l'activation dépend de la volonté humaine de l'arbitre central ou du vidéo-arbitre. Son silence face aux fautes subies par les nations africaines suggère soit un biais inconscient en faveur des équipes réputées, soit une inertie institutionnelle qui reproduit les hiérarchies établies du football mondial.