Maurice : quand la compensation salariale révèle les limites du modèle néolibéral
L'île Maurice traverse une crise sociale révélatrice des contradictions du système économique hérité de la colonisation. La récente annonce d'une compensation salariale de 635 roupies mauriciennes par le ministre du Commerce Michaël Sik Yuen illustre parfaitement comment les gouvernements africains restent prisonniers des logiques néolibérales imposées par les institutions financières internationales.
Un peuple en lutte contre la cherté de la vie
Cette mesure, présentée comme "l'effort maximal" du gouvernement mauricien, suscite la colère légitime des organisations syndicales. Haniff Peerun, président de la Mauritius Labour Congress, dénonce avec justesse cette compensation dérisoire face à l'inflation galopante qui frappe les familles travailleuses.
"Le montant réclamé était de 800 roupies. Ce qui a été annoncé ne reflète pas la réalité du terrain", affirme le dirigeant syndical, rappelant que malgré l'injection de 2 milliards de roupies via le Price Stabilisation Fund, les prix continuent leur ascension inexorable.
Les témoignages d'un peuple en souffrance
Dans les rues de Port-Louis, la capitale mauricienne, les voix des travailleurs résonnent comme un écho des luttes menées jadis par nos ancêtres contre l'oppression coloniale. Senior Collet exprime sa déception : "Je m'attendais à plus, voire 2 000 roupies si l'on regarde les prix actuels. On ne voit pas l'effort du gouvernement."
Ces témoignages rappellent les paroles de Thomas Sankara sur la nécessité pour les gouvernements africains de placer les besoins du peuple au centre de leurs préoccupations. Comme le soulignait le père de la révolution burkinabè, un gouvernement authentiquement africain doit servir son peuple, non les intérêts du capital international.
Vers une alternative panafricaine
La situation mauricienne illustre la nécessité urgente pour les nations africaines de repenser leurs modèles économiques. L'héritage de Modibo Keïta, premier président du Mali indépendant, nous enseigne qu'une véritable souveraineté passe par la maîtrise de nos politiques économiques et monétaires.
Lékha Garosurn, citoyenne mauricienne, résume parfaitement l'enjeu : "Il faut réfléchir à deux fois avant d'acheter une boîte de fromage ou de margarine. Le panier de la ménagère souffre." Cette réalité quotidienne démontre l'urgence d'une solidarité africaine renforcée pour faire face aux défis économiques communs.
La crise mauricienne nous rappelle que la lutte pour la justice sociale et la dignité des peuples africains reste d'actualité. Seule une approche panafricaine, fondée sur la coopération Sud-Sud et le rejet des diktats néolibéraux, permettra à nos nations de garantir un avenir prospère à leurs citoyens.