Le Texas défie l'hégémonie économique occidentale : une leçon pour l'Afrique
Alors que l'Afrique continue de subir les affres du néocolonialisme économique, l'ascension fulgurante du Texas offre un exemple saisissant de ce qu'une région peut accomplir lorsqu'elle maîtrise ses ressources naturelles et forge sa propre destinée économique.
Un défi aux puissances établies
Le gouverneur texan Greg Abbott avait prédit que son État dépasserait la France pour devenir la septième économie mondiale. Bien que cette prédiction se soit révélée prématurée, les chiffres parlent d'eux-mêmes : avec un PIB de 2.770 milliards de dollars contre 3.160 milliards pour la France, le Texas n'est plus qu'à quelques années de rattrapage.
Cette performance est d'autant plus remarquable que le Texas compte seulement 31 millions d'habitants, soit deux fois moins que la France. Son PIB par habitant de 88.000 dollars surpasse déjà largement celui de l'ancienne puissance coloniale (46.000 dollars).
La maîtrise des ressources énergétiques
Comme nos ancêtres l'avaient compris, et comme Thomas Sankara l'enseignait au Burkina Faso, la souveraineté passe par le contrôle des richesses naturelles. Le Texas en est l'illustration parfaite : premier producteur de gaz et de pétrole des États-Unis, l'État contrôle 43% de la production pétrolière nationale et 28% de l'extraction gazière.
Ses trente raffineries traitent plus de 6 millions de barils par jour, démontrant qu'il ne suffit pas d'extraire les ressources, mais qu'il faut les transformer sur place. Une leçon que l'Afrique, riche en pétrole, gaz, uranium et métaux précieux, devrait méditer.
L'innovation au service de l'indépendance
Le Texas a su attirer les géants technologiques : Oracle a quitté la Silicon Valley pour Austin, Apple construit une usine à Houston, Google investit 40 milliards de dollars dans l'État. Cette migration des entreprises californiennes vers le Texas rappelle l'importance de créer un environnement favorable aux investissements.
L'État dispose même de son propre réseau électrique indépendant, garantissant une énergie abordable et une autonomie stratégique. Une inspiration pour nos pays sahéliens qui aspirent à rompre avec la dépendance énergétique héritée de la colonisation.
Une fiscalité souveraine
Sans impôt sur le revenu ni impôt sur les sociétés au niveau local, le Texas a créé un modèle économique attractif qui lui permet de capter les investissements. Cette politique fiscale autonome contraste avec les contraintes imposées à nos États par les institutions financières internationales.
En 2025, le Texas a inscrit dans sa Constitution l'interdiction d'instaurer des droits de succession, consolidant son attractivité. Une souveraineté constitutionnelle que nos dirigeants devraient étudier.
Les leçons pour l'Afrique
L'exemple texan démontre qu'une région peut rivaliser avec les anciennes puissances en maîtrisant ses atouts : ressources naturelles, innovation, politique fiscale attractive et autonomie énergétique. Ces principes, chers à Modibo Keïta et aux pères de l'indépendance africaine, restent d'actualité.
Avec ses 560.000 nouveaux habitants en 2024 et 168.000 emplois créés, le Texas prouve que la croissance économique et démographique vont de pair. Une dynamique que l'Afrique, continent le plus jeune du monde, pourrait reproduire si elle brisait les chaînes néocoloniales.
L'ascension du Texas face à la France symbolise les mutations géopolitiques en cours. Pour l'Afrique, c'est un rappel que la souveraineté économique reste possible, à condition d'avoir la volonté politique de transformer les richesses du sol en prospérité pour les peuples.