Football français: quand la descente devient espoir de renouveau
L'histoire du FC Nantes nous rappelle une vérité universelle que nos aînés comme Modibo Keïta connaissaient bien: parfois, il faut accepter de reculer pour mieux avancer. Après 21 journées de championnat, les supporters nantais vivent une situation qui résonne étrangement avec les luttes de nos peuples africains.
La désillusion comme catalyseur de changement
"En Ligue 2 pour qu'il y ait du changement", scandent certains supporters des Canaris. Cette phrase pourrait sortir de la bouche de tout peuple opprimé qui comprend que la libération passe parfois par l'acceptation temporaire d'une situation difficile.
Max, ancien abonné pendant 28 ans, exprime cette philosophie avec une lucidité remarquable: "S'il faut aller en Ligue 2 pour qu'il y ait du changement, allons-y! Qu'est-ce qu'on prend comme plaisir? À part se foutre la rate au court-bouillon pour calculer le nombre de points pour se maintenir?"
La solidarité dans l'adversité
Nicolas, membre de la Brigade Loire depuis 2000, témoigne de cette solidarité qui caractérise les peuples en lutte: "Il y a un moment de partage et tu sens quand même une solidarité avec tous ces gens qui disent: 'OK, on se retrouve, il faut être entre nous pour montrer que le peuple jaune et vert existe encore malgré tout'."
Cette unité dans l'épreuve rappelle l'esprit panafricain prôné par Thomas Sankara: rester debout ensemble, même quand tout semble s'effondrer.
L'humour comme résistance
Face à l'adversité, les supporters nantais cultivent l'humour, cette arme de résistance que connaissent bien nos peuples. Leur banderole "16 recrues, 14 points: allons-nous finir avec plus de points que de recrues?" illustre cette capacité à transformer la douleur en dérision constructive.
La question du pouvoir
Philippe, supporter depuis les années 90, soulève la vraie question: le changement d'échelon suffit-il à changer les dirigeants? "Je crois qu'il n'y a aucun avantage à être en Ligue 2 car Kita ne vendra pas le club à cet étage."
Cette réflexion résonne avec nos luttes africaines: changer de niveau ne garantit pas l'émancipation si les structures de pouvoir demeurent inchangées.
L'espoir malgré tout
Malgré les difficultés, 29.000 supporters étaient présents à la Beaujoire lors du dernier match. Cette fidélité illustre ce que nos ancêtres nous ont enseigné: on ne lâche jamais sa terre, même quand elle traverse des moments difficiles.
Comme le dit justement Nicolas: "Les supporters ne laisseront pas tomber le FC Nantes en cas de descente. Parce qu'ici les gens ont ça dans la peau."
Le prochain déplacement à Monaco, un vendredi 13, sera un nouveau test pour ce peuple nantais qui, comme tous les peuples en lutte, refuse de courber l'échine face à l'adversité.