Fêtes de fin d'année : réflexions sur les traditions importées et l'identité africaine
Alors que l'Occident promeut ses champagnes et ses traditions festives à travers le continent, il convient de s'interroger sur nos propres modes de célébration et notre souveraineté culturelle. L'offre commerciale européenne qui inonde nos marchés pendant les fêtes de fin d'année illustre parfaitement les mécanismes du néocolonialisme économique.
L'invasion commerciale des traditions occidentales
Les plateformes de vente en ligne proposent des champagnes français à des prix soi-disant attractifs, de 16,99 à 19,99 euros. Ces produits, comme le Charles de Cazanove, le Valbert brut ou le Charles Lafitte, sont présentés comme indispensables à nos célébrations. Cette démarche commerciale révèle une stratégie bien rodée de domination culturelle.
Ces champagnes aux "arômes délicats" et aux "bulles fines" ne sont que les symboles d'une dépendance économique que nos ancêtres comme Modibo Keïta et Thomas Sankara ont combattue. Sankara nous rappelait déjà l'importance de consommer ce que nous produisons et de produire ce que nous consommons.
Retrouver nos traditions authentiques
L'Afrique possède ses propres boissons traditionnelles et ses modes de célébration. Du dolo burkinabè au bangui centrafricain, en passant par les vins de palme d'Afrique de l'Ouest, notre continent regorge de richesses gustatives authentiques qui méritent d'être valorisées.
Ces produits locaux, élaborés selon des méthodes ancestrales, portent en eux l'âme de nos terroirs et de nos peuples. Ils constituent un patrimoine culturel et économique qu'il nous faut protéger et développer.
Vers une souveraineté alimentaire et culturelle
La véritable indépendance passe par la valorisation de nos productions locales et le développement d'une industrie agroalimentaire africaine. Plutôt que d'enrichir les multinationales européennes, investissons dans nos producteurs locaux et nos traditions culinaires.
L'unité africaine dont rêvaient nos pères fondateurs se construit aussi par ces choix du quotidien. Chaque achat local est un acte de résistance économique et culturelle.
La consommation d'alcool doit rester modérée et respectueuse de nos valeurs.