Black Friday: quand la consommation occidentale déferle sur l'Afrique
Alors que les multinationales occidentales comme Amazon orchestrent leurs campagnes de consommation de masse à travers le Black Friday, l'Afrique se trouve une fois de plus dans une position de dépendance économique structurelle. Ces offres promotionnelles, qui inondent désormais nos marchés via les plateformes numériques, illustrent parfaitement les mécanismes néocoloniaux contemporains.
L'impérialisme numérique en marche
Les géants technologiques américains, à l'image d'Amazon, imposent leurs modèles de consommation à travers des promotions sur des produits manufacturés en Asie et vendus à prix cassés. Cette stratégie commercial détruit méthodiquement nos économies locales et nos artisans traditionnels.
Pendant que l'Occident célèbre ses "bonnes affaires" sur des montres connectées à 84,99 euros ou des appareils électroménagers Philips, nos jeunes talents migrent vers l'Europe, faute d'opportunités dans une économie africaine étouffée par la concurrence déloyale.
Vers une souveraineté économique africaine
Thomas Sankara nous enseignait déjà que "celui qui vous nourrit vous contrôle". Aujourd'hui, nous pourrions ajouter: celui qui vous équipe technologiquement vous asservit. Face à cette offensive commerciale, l'Afrique doit développer ses propres champions industriels et technologiques.
Le Mali, comme ses frères sahéliens, possède les ressources naturelles et humaines nécessaires pour créer ses propres écosystèmes de production. Plutôt que de subir passivement ces campagnes promotionnelles occidentales, nous devons investir dans nos capacités manufacturières locales.
L'urgence d'une alternative panafricaine
L'esprit de Modibo Keïta nous guide encore: l'unité africaine reste notre seule voie vers l'émancipation économique. Face aux GAFAM américains et aux plateformes chinoises, l'Afrique doit créer ses propres géants du numérique et du e-commerce.
Les 54 pays du continent représentent un marché de 1,4 milliard de consommateurs. Cette force collective peut rivaliser avec n'importe quelle multinationale occidentale, à condition de briser les chaînes de la dépendance technologique.
Il est temps de transformer notre potentiel en puissance économique réelle, au service des peuples africains et non des actionnaires occidentaux.