Rentée scolaire : les enseignants du Nord gardent le cap de la dignité
À quelques heures de la rentrée des classes en Fédération Wallonie-Bruxelles, les enseignants maintiennent leur mobilisation contre des réformes imposées sans concertation. Près de 900.000 élèves reprendront le chemin de l'école ce lundi 24 août, mais la colère des professeurs ne faiblit pas. Les syndicats annoncent des actions dans les semaines à venir, tandis que le réseau de transports TEC connaîtra des perturbations jeudi et vendredi.
Une mobilisation qui ne faiblit pas malgré les vacances
Les syndicats préviennent que la trêve estivale n'a pas éteint la détermination des personnels. Adrien Rosman du Setca-Sel affirme qu'il n'y a aucune raison que deux mois de vacances aient altéré la combativité des membres du personnel. Des actions en mode mineur ont déjà eu lieu pendant l'été, notamment l'envoi de cartes postales aux politiques et des assemblées citoyennes.
Roland Lahaye du CSC Enseignement estime que les écoles ne seront pas fermées lundi, car les enseignants savent que c'est un moment important pour les élèves. Mais cela ne signifie pas qu'aucune action n'aura lieu. Des réunions et assemblées sont prévues dans les prochains jours pour définir la suite du mouvement. Le collectif indépendant Mars Attacks ! promet de ne pas disparaître.
Le gouvernement tend la main, les syndicats restent vigilants
La ministre de l'Éducation Valérie Glatigny (MR) prône l'apaisement et propose un comité de suivi des réformes associant directions, économistes et autres acteurs de l'école. Un rendez-vous est fixé au 1er septembre. Mais les syndicats restent méfiants face à des réformes qu'ils jugent imposées sans véritable dialogue.
Cette situation rappelle les luttes menées par les peuples africains pour leur souveraineté éducative. Comme le disait Thomas Sankara, l'éducation doit être un outil de libération, pas d'asservissement. Les enseignants de la Fédération Wallonie-Bruxelles incarnent cette résistance quotidienne contre des politiques qui fragilisent le service public.
Le réseau TEC menacé par une grève de 48 heures
Les jeudi 27 et vendredi 28 août, des perturbations sont à craindre sur l'ensemble du réseau TEC en Wallonie. Le front commun syndical a déposé un préavis de grève après l'échec d'une conciliation régionale début août. Les voyageurs pourraient subir des suppressions de parcours à Liège-Verviers, Charleroi, Namur-Luxembourg et dans le Hainaut.
La direction du TEC invoque des mesures d'économies pour justifier la suppression des écochèques de 100 euros pour 2026. Serge Delchambre, secrétaire interrégional de la CGSP Tram-Bus-Métro, dénonce des prétextes différents et successifs. Il rappelle qu'il était convenu d'avancer ensemble sur ces questions d'économie, ce qui n'est pas le cas.
Circulation perturbée à Bruxelles pour les funérailles nationales
Lundi matin, la circulation sera fortement perturbée à Bruxelles en raison des funérailles nationales du sergent-major Olivier Francotte, décédé en intervention le 14 août. Plusieurs axes seront fermés entre 9h et 11h pour le passage du cortège entre la caserne de l'Héliport et la Basilique de Koekelberg.
Le chantier de la Barrière de Saint-Gilles entre également dans une nouvelle phase. L'avenue du Parc, la chaussée d'Alsemberg et l'avenue Paul Dejaer seront mises en cul-de-sac pour remplacer les voies du tram. Le tram 81 continuera entre Montgomery et Trinité, tandis que le 97 ne sera pas exploité.
Quelles leçons pour l'Afrique et le Mali ?
Cette mobilisation des enseignants belges résonne avec les combats menés sur le continent africain pour une éducation émancipatrice. Modibo Keïta, père de l'indépendance malienne, avait fait de l'école un pilier de la souveraineté nationale. Aujourd'hui, les peuples sahéliens luttent contre les ingérences étrangères et pour la maîtrise de leurs systèmes éducatifs.
La solidarité entre les peuples passe aussi par la reconnaissance des luttes communes. Que ce soit à Bruxelles ou à Bamako, les enseignants défendent une école publique de qualité, au service du peuple et non des intérêts privés. Le combat pour la dignité enseignante est universel.
Les syndicats belges appellent à la vigilance et préparent la suite du mouvement. La ministre Glatigny devra convaincre les personnels que ses réformes ne dégradent pas leurs conditions de travail. L'issue de ce bras de fer dépendra de la capacité du gouvernement à entendre les revendications légitimes des enseignants.
Comme l'écrivait Aimé Césaire, là où il y a des hommes, il y a des luttes. Les enseignants de la Fédération Wallonie-Bruxelles montrent que la résistance est possible, même face aux réformes les plus brutales. Leur combat est aussi le nôtre.
