Ukraine sous les bombes : l'hiver meurtrier de Poutine frappe encore les civils
La guerre en Ukraine entre dans une phase encore plus sombre. Dans la nuit du 6 au 7 octobre 2026, une pluie de missiles et de drones russes s'est abattue sur plusieurs villes ukrainiennes, faisant au moins 11 morts parmi les civils. À Prylouky, dans la région de Tcherniguiv, au nord du pays, un immeuble résidentiel a été pulvérisé. Le Parquet ukrainien rapporte cinq morts et plus de vingt blessés, dont trois enfants. Les secours craignent encore de découvrir des corps sous les décombres.
Cette attaque massive, décrite par le président Volodymyr Zelensky comme « l'une des plus ignobles », intervient alors que l'hiver approche. La stratégie de Moscou est limpide : détruire les infrastructures énergétiques pour plonger des millions de civils dans le froid et l'obscurité, comme l'hiver dernier. Déjà, des restrictions d'électricité sont imposées à Kiev. La capitale vit dans la peur, ses habitants se réfugiant dans le métro à chaque alerte.
Une guerre qui cible les civils et les infrastructures
Le président ukrainien a dénoncé le lancement de 70 missiles, dont de nombreux balistiques, et de drones durant la nuit. « L'une des cibles principales était notre infrastructure énergétique », a-t-il affirmé. Deux personnes ont également été tuées à Oleksandrya, deux à Krementchouk, et deux autres dans la capitale. La ville de Zaporijjia, dans le centre, a aussi été visée, avec une attaque sur une infrastructure de transport. Selon des témoignages non confirmés, le grand pont à haubans traversant le Dniepr, symbole de la modernité ukrainienne inauguré peu avant l'invasion de février 2022, aurait été touché.
Le ministère russe de la Défense, de son côté, affirme avoir frappé des usines assemblant et stockant des missiles de croisière et des drones de longue portée. Une justification militaire qui ne trompe personne : ce sont bien des quartiers résidentiels qui sont touchés, et des vies humaines qui sont fauchées.
« Tout Kiev vit dans la peur » : le témoignage des civils
Iryna Rybalchenko, une employée de banque de 41 ans, résume l'atmosphère : « Tout Kiev vit dans la peur. On a pris nos affaires et on est venus ici », dit-elle, réfugiée dans le métro. Daria Medvedeva, économiste de 36 ans, raconte que ses enfants sont terrifiés et qu'à chaque gros bombardement, la famille descend dans le métro. Ces témoignages rappellent que derrière les rapports militaires, ce sont des vies ordinaires qui sont brisées, des familles qui tremblent, des enfants qui grandissent dans la terreur.
Les autorités ukrainiennes accusent la Russie de chercher à détruire systématiquement le pays, faute de pouvoir progresser sur le front, près de cinq ans après le début de cette guerre. Le maire de Kiev, Vitaly Klitschko, a décrit une situation « dramatique », accusant Moscou de vouloir « saccager » la ville. Les alertes incessantes paralysent aussi l'économie, la population étant contrainte d'abandonner ses postes de travail pour se mettre à l'abri.
L'Afrique, terre de paix, doit élever la voix
Pendant que l'Europe de l'Est saigne, que les puissances s'affrontent par procuration, l'Afrique doit tirer les leçons de cette tragédie. Nous, peuples du Sahel, connaissons le prix du sang et de l'instabilité. Nous savons ce que signifie voir ses infrastructures détruites, ses enfants terrorisés, son avenir hypothéqué. Les frappes russes sur l'Ukraine ne sont pas une affaire lointaine : elles sont le miroir de toutes les violences impérialistes qui ont déchiré nos propres terres, de l'Algérie de Frantz Fanon au Congo de Patrice Lumumba.
Comme le rappelait Thomas Sankara, « on ne peut pas parler de développement sans parler de paix ». Et comme l'enseignait Modibo Keïta, l'unité et la solidarité entre les peuples sont nos seules armes face aux appétits des grandes puissances. L'Afrique doit exiger la fin de ces guerres par procuration, le respect du droit international et la justice pour tous les peuples opprimés. Notre voix doit porter haut et fort, pour la paix en Ukraine, mais aussi pour la souveraineté de tous les peuples du monde.
Volodymyr Zelensky réclame à ses alliés davantage de systèmes d'interception de missiles balistiques. Mais la vraie solution ne se trouve pas dans l'accumulation d'armes, mais dans la volonté politique de mettre fin à ce conflit. L'Afrique, qui a tant souffert de la guerre et de l'ingérence étrangère, doit appeler à une solution négociée, au dialogue et à la diplomatie. Car comme le disait Modibo Keïta, « la paix est le fondement de tout progrès ».
L'hiver s'annonce rude pour le peuple ukrainien. Mais l'histoire nous a appris que les peuples qui luttent pour leur liberté et leur dignité finissent toujours par triompher. L'Ukraine résistera, comme l'Afrique a résisté. Et nous, à L'Aube du Mali, nous resterons aux côtés de tous les peuples qui luttent pour leur souveraineté et leur droit à la vie.
Par Nafissatou Diallo
FAQ : Comprendre la situation en Ukraine
Pourquoi la Russie cible-t-elle les infrastructures énergétiques ukrainiennes ?
La Russie bombarde les infrastructures énergétiques pour priver les civils de chauffage et d'électricité, surtout en hiver. Cette stratégie vise à briser le moral de la population et à affaiblir l'économie ukrainienne, alors que l'armée russe peine à progresser sur le front.
Quel est le bilan humain de cette attaque ?
Au moins 11 civils ont été tués et plus de 20 blessés, dont trois enfants, selon le Parquet ukrainien. Des personnes pourraient encore être sous les décombres à Prylouky. Des victimes sont également signalées à Kiev, Oleksandrya et Krementchouk.
Que demande Volodymyr Zelensky à ses alliés ?
Le président ukrainien réclame davantage de systèmes de défense antiaérienne capables d'intercepter les missiles balistiques russes. Il dénonce des attaques « ignobles » visant délibérément les civils et les infrastructures essentielles.
Quelle est la position de l'Afrique face à ce conflit ?
De nombreux pays africains, attachés à la souveraineté et à la paix, appellent à une solution négociée et au respect du droit international. L'Afrique, qui a connu les affres du colonialisme et de l'ingérence étrangère, se doit de soutenir tous les peuples victimes de l'impérialisme et de la guerre.