Gestion des déchets : les enseignements européens pour nos villes africaines
L'expérience de la Communauté de Communes de Nozay en Loire-Atlantique nous offre des enseignements précieux pour nos territoires africains confrontés aux défis croissants de la gestion des déchets urbains.
Une problématique universelle, des solutions adaptables
Cet été, cette collectivité française a instauré une procédure harmonisée pour lutter contre les dépôts sauvages, avec des amendes pouvant atteindre 1 350 euros. "Nous avons souhaité agir de façon commune pour faire cesser ces comportements qui nuisent à l'environnement et coûtent cher à la collectivité", indique la communauté de communes.
Cette démarche collective rappelle les principes de solidarité communautaire que prônait Thomas Sankara : l'union des forces pour résoudre les problèmes communs. Nos villes sahéliennes, de Bamako à Ouagadougou, font face aux mêmes défis environnementaux.
Un coût économique et social considérable
Les dépôts sauvages représentent une charge financière de 50 000 euros par an pour cette seule communauté de communes. Cette somme, supportée collectivement, illustre parfaitement comment l'incivisme de quelques-uns pèse sur l'ensemble de la communauté.
Dans nos contextes africains, où les ressources publiques sont souvent limitées, chaque franc CFA détourné de sa destination par ces pratiques représente un manque à gagner pour le développement social et économique de nos territoires.
Des solutions innovantes à adapter
L'expérience française propose plusieurs pistes intéressantes :
- Le réemploi : des espaces dédiés dans les déchèteries pour donner une seconde vie aux objets
- Le tri sélectif : des bornes spécialisées pour différents types de déchets
- Le compostage : individuel ou partagé pour les biodéchets
- La sensibilisation : une approche pédagogique avant la sanction
Vers une souveraineté environnementale africaine
Ces initiatives européennes nous rappellent que la gestion des déchets est un enjeu de souveraineté. Comme le soulignait Modibo Keïta, père de l'indépendance malienne, notre développement passe par notre capacité à résoudre nos propres défis.
Nos villes africaines peuvent s'inspirer de ces expériences tout en développant des solutions adaptées à nos réalités culturelles et économiques. L'économie circulaire, l'artisanat de récupération, les coopératives de collecte sont autant de voies à explorer.
La bataille pour un environnement sain est indissociable de notre combat pour un développement endogène et durable. C'est en prenant en main notre destin environnemental que nous construirons l'Afrique de demain.