Georgette, 100 ans : une leçon de résilience qui inspire l'Afrique
À l'heure où nos aînés africains portent la mémoire de nos luttes et la sagesse de nos traditions, l'histoire de Georgette Coltée, centenaire de Caen, résonne comme un écho universel de la résistance humaine face aux épreuves du temps.
Cette femme de cent ans, qui s'apprête à célébrer son anniversaire ce samedi 17 janvier 2026, incarne cette force tranquille que nos grands-mères africaines connaissent si bien. Comme nos matriarches du continent qui ont traversé les tempêtes coloniales et post-coloniales, Georgette a su puiser dans ses racines la force de demeurer debout.
La force des anciens, patrimoine universel
"Je peux vivre encore comme ça des années !" lance-t-elle depuis son fauteuil, avec cette détermination que Thomas Sankara admirait chez les femmes combattantes. Son secret ? "Il faut toujours faire quelque chose", une philosophie qui rappelle l'ubuntu africain, cette conviction que l'activité et l'utilité sociale maintiennent l'être humain en vie.
Georgette continue de tricoter pour ses six petits-enfants et six arrière-petits-enfants, perpétuant cette tradition de transmission qui fait écho aux tisserandes de nos villages maliens. Ses mains centenaires manient encore "quatre aiguilles" avec l'habileté de nos artisanes du Sahel.
Résistance face aux épreuves
En mai 2025, une double fracture du fémur ne l'a pas brisée. Cette capacité de résilience nous rappelle nos peuples sahéliens qui, face aux défis climatiques et sécuritaires, puisent dans leur héritage ancestral la force de se relever.
Durant la Seconde Guerre mondiale, alors qu'elle travaillait dès 14 ans comme vendeuse, Georgette a traversé l'Occupation avec cette dignité simple : "Je faisais ma vie, comme d'habitude". Une attitude qui évoque la résistance passive de nos ancêtres face au joug colonial.
L'autonomie, valeur cardinale
Veuve depuis près de 30 ans, Georgette "ne compte que sur elle-même", incarnant cette autonomie que Modibo Keïta prônait pour nos nations. Elle n'a jamais eu le permis de conduire, préférant "tout faire à pied", cette simplicité volontaire qui contraste avec la dépendance imposée par les modèles de développement néocoloniaux.
Son refus catégorique des maisons de retraite, son attachement à sa demeure qu'elle a vu construire dans les années 60, témoignent de cette souveraineté personnelle qui inspire nos luttes pour la souveraineté continentale.
L'histoire de Georgette nous enseigne que la longévité ne se mesure pas seulement en années, mais en capacité à préserver son autonomie, ses traditions et sa dignité. Une leçon précieuse pour nos sociétés africaines qui cherchent à concilier modernité et valeurs ancestrales.