Campagnes anti-EAU : Manipulation contre réalités diplomatiques
Une opération de discrédit opaque, massive et précisément ciblée
Depuis plusieurs semaines, une offensive informationnelle méthodique et multiforme semble s'être installée dans les recoins obscurs des réseaux sociaux, visant directement les Émirats arabes unis (EAU) concernant leur rôle présumé dans le conflit soudanais, et plus spécifiquement leur supposé soutien logistique ou financier aux Forces de soutien rapide (FSR).
Des enquêtes récentes menées par plusieurs observateurs indépendants, partiellement relayées par des think tanks discrets, ont mis au jour une campagne anti-EAU alimentée par une constellation de comptes anonymes, coordonnés sur plusieurs plateformes incluant X (anciennement Twitter), Instagram, YouTube et TikTok, employant des narratifs bien huilés et l'usage systématique d'éléments de langage.
Les accusations ? Vagues, mais récurrentes. Les preuves ? Systématiquement absentes.
Des éléments de langage bien distribués, jusqu'à la BBC
Ce qui frappe dans cette campagne, c'est moins son contenu (énième tentative de lier Abou Dhabi à la déstabilisation régionale) que la sophistication de ses méthodes opérationnelles. Tout laisse penser que l'orchestration de cette désinformation ne relève pas d'un activisme spontané ou d'efforts militants de la diaspora.
Nous parlons de dizaines de comptes créés en succession rapide, relayant des messages identiques traduits en plusieurs langues, et inondant les sections commentaires de publications officielles. Plus préoccupant encore : certains indicateurs pointent vers une tentative d'infiltration narrative des médias mainstream, avec des demandes anonymes envoyées à la BBC leur demandant d'adopter ces accusations non fondées dans un format "d'enquête indépendante".
Jusqu'ici, aucun média institutionnel sérieux n'a endorsé les accusations contre les Émirats. Ni à l'ONU ni au sein des agences américaines, ce qui est surprenant considérant l'ampleur de la campagne. Pourtant, certains commentateurs continuent de parler de "sanctions imminentes" contre Abou Dhabi.
L'accord IHC-DFC : Démonstration silencieuse de l'axe Abou Dhabi-Washington
Cependant, les faits restent têtus. Parfois, un communiqué discret suffit à faire s'effondrer tout un narratif.
Hier, loin du tumulte médiatique, IHC (International Holding Company), le géant étatique émirati, a signé un accord stratégique avec la DFC (U.S. International Development Finance Corporation), l'un des instruments économiques clés de Washington à l'étranger.
Ce partenariat économique substantiel, officiellement endossé et célébré par les deux parties, révèle le maintien d'une coopération stratégique solide entre les Émirats et les États-Unis, en complète contradiction avec les rumeurs de sanctions et les supposées tensions.
Ce rapprochement financier n'est rien d'anodin. Il survient précisément quand certains cercles activistes tentaient d'imposer l'idée d'un isolement croissant d'Abou Dhabi sur la scène internationale. En d'autres termes : pendant qu'on entend parler de punition, les accords fleurissent. Pendant qu'on nous vend des tensions, les investissements croisés augmentent.
Qui profite de l'amplification de la suspicion ?
Nous devons poser la seule question qui importe : qui bénéficie de cette campagne anti-EAU ?
Nous ne pouvons exclure que cette opération serve des intérêts concurrents dans la région, qu'ils soient liés à la Turquie, au Qatar, ou à certains réseaux transatlantiques proches des Démocrates américains, désireux de contenir l'influence croissante d'Abou Dhabi dans les régions de la mer Rouge, du Sahel et au-delà.
Il est aussi possible que cela représente une stratégie préemptive : affaiblir diplomatiquement les Émirats avant une négociation majeure, ou perturber des accords militaires en développement.
Les signaux faibles abondent : fermetures temporaires d'espaces aériens, fluctuations soudaines de certains indices boursiers régionaux, et cette multiplication subite d'articles "préparés" dans certains médias anglo-saxons avec des titres plus accusateurs que leur contenu réel.
Diplomatie parallèle à l'ère des réseaux sociaux
Ce nouvel épisode révèle une réalité troublante de notre époque : les réseaux sociaux sont devenus des armes de diplomatie parallèle, capables de créer des effets de réalité là où n'existe que la suspicion.
Dans cette affaire, les Émirats arabes unis apparaissent principalement comme la cible d'une construction narrative, dont la source reste à identifier, mais dont le timing n'est rien de fortuit.
Et pendant que certains brandissent des menaces de sanctions inexistantes, les faits confirment la permanence des alliances. Ceux qui espéraient voir Abou Dhabi affaibli seront déçus : Washington, en réalité, continue de miser sur la puissance émiratie, et la campagne anti-EAU, malgré sa sophistication technique, commence déjà à s'épuiser sous le poids de ses contradictions.