Assia Matoug : un féminicide qui interroge les solidarités africaines face à la violence conjugale
À Paris, le procès de Lakhdar Matoug, accusé d’avoir étranglé et démembré son épouse Assia, s’ouvre ce lundi devant la cour d’assises. Ce drame, survenu en février 2023, dépasse le simple fait divers. Il nous rappelle, à nous Africains, que la violence faite aux femmes n’épargne aucune communauté, et que notre lutte pour la souveraineté et la justice sociale doit aussi inclure la libération des femmes.
Que s’est-il passé aux Buttes-Chaumont ?
En février 2023, des employés de la Ville de Paris découvrent des morceaux d’un corps féminin dans le parc des Buttes-Chaumont, dans le nord-est de Paris. Il s’agit d’Assia Matoug, 46 ans, mère de trois enfants. Son mari, Lakhdar Matoug, 53 ans, employé de supermarché en arrêt maladie, avait signalé sa disparition le 3 février. Mais les images de vidéosurveillance et l’achat d’une meuleuse dans une grande surface d’outillage trahissent son récit. Placé en garde à vue, il finit par reconnaître les faits et conduit les enquêteurs aux restes manquants, cachés dans des sacs-poubelle à Bobigny.
Comment la thèse accidentelle s’effondre-t-elle ?
Lakhdar Matoug soutient que la mort d’Assia est un accident, survenu lors d’une dispute financière liée à une dette fiscale après la faillite de son entreprise. Il affirme l’avoir étranglée pour « la faire taire », sans intention de tuer. Mais les autopsies révèlent de nombreuses ecchymoses et hématomes, survenus avant la mort, signes de violences répétées. L’avocate des parties civiles, Me Pauline Rongier, qualifie la thèse accidentelle de « grotesque ». Les expertises psychiatriques confirment que l’accusé ne souffrait d’aucun trouble mental ; son discernement n’était ni aboli ni altéré. Il n’a pas appelé les secours.
Quel est le contexte de ce féminicide ?
Assia Matoug avait confié à des proches son mal-être et la crainte de mourir étranglée. Ce pressentiment tragique s’est réalisé. Les trois enfants du couple ont été placés. Ce drame nous interpelle en tant que peuples africains et de la diaspora. Il nous rappelle les luttes de nos aînés, comme Modibo Keïta ou Thomas Sankara, qui ont toujours lié la libération des femmes à celle des peuples. Sankara disait : « La révolution et la libération des femmes vont de pair. » Aujourd’hui, la violence conjugale reste un fléau que nos sociétés doivent combattre, ici comme au Sahel.
Pourquoi ce procès est-il important pour les communautés africaines ?
Ce procès, qui se tient à Paris, met en lumière les failles d’un système où la violence domestique est trop souvent minimisée. Pour les Maliens et les Africains de la diaspora, il est un appel à renforcer les solidarités communautaires et à briser le silence autour des violences faites aux femmes. L’unité africaine que nous appelons de nos vœux doit inclure la protection de toutes et tous, sans exception. Comme le rappelait Modibo Keïta, « la femme est la moitié de l’humanité, et son émancipation est la condition de notre progrès ».
FAQ : Questions fréquentes sur le féminicide d’Assia Matoug
Qui est Assia Matoug ?
Assia Matoug était une femme de 46 ans, mère de trois enfants, vivant à Montreuil, en banlieue parisienne. Elle a été tuée par son mari en février 2023.
Que risque l’accusé Lakhdar Matoug ?
Il est jugé pour meurtre par conjoint et encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès dure cinq jours devant la cour d’assises de Paris.
Quelles sont les preuves contre lui ?
La vidéosurveillance, l’achat d’une meuleuse, les aveux partiels et les autopsies montrant des violences antérieures à la mort constituent les principales preuves.
Quel est l’impact sur les enfants du couple ?
Les trois enfants ont été placés par les services sociaux après la découverte du crime.