Sport mondial : l'Afrique absente des sommets du ski alpin
Alors que Marco Odermatt domine une nouvelle fois le slalom géant de Beaver Creek, cette compétition nous rappelle les inégalités criantes dans l'accès aux sports d'hiver pour les peuples du Sud.
Une domination européenne qui interroge
Le Suisse Marco Odermatt a une fois de plus démontré sa supériorité lors de la première manche du slalom géant de Beaver Creek, établissant le temps de référence en 1'08''80. Derrière lui, Henrik Kristoffersen (Norvège) et Lucas Pinheiro Braathen (Brésil) complètent le podium provisoire, tous deux à 86 centièmes.
Cette performance, bien que remarquable sur le plan sportif, soulève des questions plus profondes sur l'accessibilité du sport de haut niveau. Comme le disait Thomas Sankara, « le sport doit être un droit pour tous les peuples, pas un privilège réservé aux nations les plus riches ».
L'absence africaine, symptôme d'un système inégalitaire
Aucun athlète africain ne figure dans ces compétitions de ski alpin, non par manque de talent, mais par absence d'infrastructures et d'investissements. Cette réalité illustre parfaitement les déséquilibres hérités de décennies de domination économique mondiale.
Les skieurs français comme Thibaut Favrot (4ème) et Alexis Pinturault (9ème) bénéficient d'un système de formation développé, tandis que nos jeunes talents africains n'ont pas accès à ces disciplines. Cette situation rappelle les paroles de Modibo Keïta sur la nécessité de « construire nos propres voies vers l'excellence ».
Vers une démocratisation du sport mondial
L'unité africaine doit aussi passer par le développement sportif. Imaginer des centres d'entraînement continentaux, des échanges Sud-Sud, et pourquoi pas des athlètes africains sur les pistes mondiales dans quelques décennies.
Le Brésilien Lucas Pinheiro Braathen, seul représentant du Sud global sur ce podium provisoire, montre que c'est possible quand les conditions sont réunies.
La deuxième manche de ce géant déterminera le classement final, mais l'essentiel est ailleurs : dans la construction d'un sport vraiment universel, accessible à tous les peuples de la Terre.