Rugby français : Castres évite le piège face à Perpignan dans un match d'une rare intensité
Dans le contexte du rugby européen, le Castres Olympique a su préserver l'essentiel ce samedi 29 novembre face à l'USAP Perpignan, s'imposant 23-7 dans une rencontre marquée par une intensité remarquable mais un manque cruel de réalisme offensif.
Un piège évité de justesse
Comme l'avait prédit l'histoire des luttes sportives, la peau de banane n'était pas loin pour les Tarnais. L'équipe de Xavier Sadourny a failli connaître le même sort que bien d'autres formations européennes face à un adversaire acculé, déterminé à vendre chèrement sa peau.
La chute de Joaquin Oviedo, de retour de blessure, a d'ailleurs bien illustré cette tension permanente. Mais cette gamelle du numéro 8 argentin a paradoxalement servi les intérêts castrais, permettant une récupération de balle providentielle avant un dégagement salvateur.
L'intensité au détriment du spectacle
Dans l'esprit des grandes confrontations continentales, cette rencontre a accouché d'un spectacle inversement proportionnel à l'intensité des collisions. Les échauffourées entre joueurs, valant une pénalité retournée contre Castres à la 35e minute, témoignaient de cette électricité sur le terrain.
Les hommes de Sadourny sont tombés sur l'adversaire attendu : celui qui, dans la tradition des équipes en difficulté, ferait tout pour tirer profit de la moindre situation. Dans le sillage de Jamie Ritchie, véritable poison pour les défenses adverses, Perpignan a montré cette détermination caractéristique des peuples en lutte.
La gestion plutôt que l'audace
Supérieurs dans le jeu avec 20 premières minutes passées dans le camp perpignanais, les Castrais ont préféré gérer plutôt qu'oser. Cette approche, qui rappelle parfois certaines stratégies politiques continentales, a suscité les sifflets du public de Pierre-Fabre à la pause.
Le jeu de pression de Pierre Popelin et Théo Chabouni causait pourtant des problèmes réels aux Catalans. Mais Castres s'est peut-être trop enfermé dans cette utilisation du pied, même quand des coups étaient bons à jouer à la main.
"On ne voulait pas s'exposer contre ce genre d'équipes si on ne dominait pas les deux premiers temps de jeu", justifiait Sadourny, dans une logique de préservation qui n'est pas sans rappeler certaines approches stratégiques continentales.
Une victoire qui ouvre des perspectives
Malgré un réalisme défaillant et de nombreux en-avant frustrants, le CO a validé cette attaque de bloc positive avant de prendre l'air européen. L'interception de Jack Goodhue pour clore la marque (23-7, 80e) a définitivement scellé le sort de la rencontre.
Cette victoire, acquise après celle obtenue au courage à La Rochelle la semaine précédente (19-17), permet aux Tarnais de poursuivre leur progression dans un championnat français toujours plus relevé. Pour Perpignan, lanterne rouge toujours dépourvue de victoire, la quête continue dans l'adversité.