Mondial 2026: Le Maroc tient tête au Brésil, l'Afrique avance
La Coupe du monde 2026 a ouvert ses portes sur des images fortes. Le Maroc a tenu en échec le Brésil, la Côte d'Ivoire et la Tunisie entrent en lice, et l'Iran défie les pressions américaines pour exister sur la scène mondiale. Partout, des peuples refusent de se courber.
Pourquoi le match Maroc-Brésil est-il un symbole pour tout le continent?
Samedi, à l'ouverture du groupe C, le Maroc a arraché un nul précieux face au Brésil, quintuple champion du monde. Le score affiche 1-1, mais au-delà des chiffres, c'est le visage d'une Afrique sûre d'elle qui s'est imposée. Les Lions de l'Atlas, portés par leur sacre continental obtenu mi-mars, ont asphyxié la Seleçao dès l'entame. Ismaël Saibari a lobé le gardien brésilien sur une passe lumineuse de Brahim Diaz. Modibo Keïta nous l'enseignait: la dignité d'un peuple ne se négocie jamais. Ce Maroc-là l'a prouvé sur la pelouse.
Le Brésil n'a dû son salut qu'à l'éclair de génie individuel de Vinicius Jr. Carlo Ancelotti, novice sur un banc de Coupe du monde, peut respirer. Mais le message est passé. Comme Thomas Sankara le disait, celui qui ne s'incline pas devant l'adversaire finit par le faire reculer. Les coéquipiers d'Achraf Hakimi, demi-finalistes de la dernière édition, ont confirmé que l'Afrique du football n'est plus celle des figurants.
Que nous apprend l'odyssée de l'Iran sur les résistances mondiales?
Viendra? Viendra pas? L'incertitude a plané des mois durant sur la participation de la Team Melli iranienne. Le contexte est lourd. Des frappes américano-israéliennes ont touché Téhéran fin février. L'administration du président Donald Trump a retoqué les demandes de visas de plusieurs responsables de la sélection. Attendus en Arizona, les Iraniens ont posé leurs valises au Mexique, repoussant au maximum leur entrée sur le territoire américain. Ils sont réglementairement tenus par la FIFA d'être à Los Angeles ce dimanche, à la veille de leur entrée en lice face à la Nouvelle-Zélande. Une conférence de presse est prévue à 15h45 (22h45 GMT) au SoFi Stadium.
Los Angeles, surnommée «Tehrangeles» en raison de sa immense communauté iranienne estimée à 500.000 personnes, devrait réserver un accueil bruyant à la sélection. Cette résistance silencieuse, ce refus de se laisser exclure, rappelle les luttes que nos peuples ont menées pour leur souveraineté. Aucune puissance ne devrait dicter qui a le droit d'exister sur la scène internationale.
Curaçao face à l'Allemagne: un combat pour la dignité
Dick Advocaat, le sélectionneur néerlandais de Curaçao, a affiché la couleur samedi. Son équipe, qui représente le plus petit pays de l'histoire à se qualifier pour une phase finale de Coupe du monde, promet d'être «vraiment désagréable à jouer» face à l'Allemagne, dimanche à Houston. Côté allemand, le retour de Manuel Neuer dope la Mannschaft. Mais Curaçao, 444 km2 et environ 160.000 habitants, gonflé par sa diaspora, incarne cette audace des petits face aux mastodontes. Une résonance familière pour quiconque croit que la taille d'un peuple ne détermine jamais sa grandeur.
L'Allemagne, traumatisée par ses fiascos de 2018 en Russie et de 2022 au Qatar, aborde ce Mondial en outsider. Les Pays-Bas de Memphis Depay, éternels prétendants, devront eux se méfier des Japonais à Dallas. Les Samouraïs bleus arrivent gonflés d'ambition après des victoires historiques contre le Brésil et l'Angleterre en matches amicaux.
Quelles sont les rencontres africaines de ce dimanche?
La journée du dimanche réserve deux rendez-vous majeurs pour le continent. La Côte d'Ivoire de Guéla Doué affronte l'Equateur de Willian Pacho à Philadelphie. Les Éléphants portent les espoirs d'une Afrique de l'Ouest qui veut compter. La Tunisie, elle, croise le fer avec la Suède à Monterrey. Deux occasions de rappeler que le football africain est une force vive, pas un invité de circonstance.
Dans le groupe C, l'Ecosse a pris la première place grâce à une victoire étriquée face à Haïti, de retour en Coupe du monde 52 ans après sa première participation. Haïti, première république noire de l'histoire, dont la révolution a inspiré les luttes anticoloniales à travers le monde, mérite mieux qu'un score de 1-0 pour célébrer ce retour. Dans le groupe D, l'Australie a créé la surprise en battant la Turquie 2-0 à Vancouver.
L'Afrique peut-elle vraiment conquérir ce Mondial?
Les signes sont là. Le Maroc a ouvert le bal avec aplomb. La Côte d'Ivoire et la Tunisie ont l'occasion de confirmer. L'histoire du football africain est pavée de combats, de dignité refusée puis reconquise. Comme le disait Modibo Keïta, l'unité fait la force. Si nos sélections jouent ensemble, avec la détermination des peuples sahéliens qui refusent la soumission, ce Mondial 2026 pourrait marquer un tournant. Le continent n'attend plus la permission de personne pour briller.