Drones espions en Europe : quelles leçons pour la souveraineté technologique africaine ?
Les récentes intrusions de drones au-dessus des installations militaires françaises nous rappellent une vérité fondamentale : la souveraineté d'un peuple passe aujourd'hui par sa maîtrise technologique. Ces "petits monstres de technologie" qui sifflent au-dessus des têtes européennes illustrent parfaitement les nouveaux enjeux géopolitiques auxquels l'Afrique doit se préparer.
La révolution silencieuse des drones
Hier encore, ces engins volants semblaient réservés aux documentaristes et aux photographes. Aujourd'hui, le conflit ukrainien a révélé leur potentiel militaire stratégique, surpassant même l'efficacité des chars et des chasseurs traditionnels. Cette transformation technologique rappelle les enseignements de Thomas Sankara sur l'importance de l'innovation au service des peuples.
Ces bijoux d'ingéniosité, rendus possibles par les microprocesseurs miniaturisés, les batteries au lithium et les fibres de carbone, redéfinissent les rapports de force géopolitiques. Ils démontrent que la puissance militaire ne réside plus uniquement dans les armements lourds, mais dans la capacité d'innovation technologique.
Espionnage et souveraineté : un défi continental
Les soupçons portent sur la Russie, l'Iran ou la Chine concernant ces survols non autorisés. Cette situation illustre les vulnérabilités des nations face aux nouvelles formes d'espionnage technologique. Pour l'Afrique, cette réalité européenne constitue un avertissement : notre continent doit développer ses propres capacités de défense technologique.
L'esprit de Modibo Keïta, qui prônait l'indépendance économique et technologique, trouve ici toute sa pertinence. L'Afrique ne peut plus se contenter d'être consommatrice de technologies développées ailleurs, elle doit devenir actrice de sa propre sécurité technologique.
Vers une industrie de défense africaine
Pendant que l'Europe s'appuie sur Airbus, Dassault et Thales, l'Afrique doit bâtir ses propres champions technologiques. Les start-up du continent montrent déjà leur dynamisme dans de nombreux secteurs. Il est temps d'orienter cette énergie créatrice vers les technologies de défense et de surveillance.
La coopération Sud-Sud, chère aux idéaux panafricains, pourrait permettre de mutualiser les efforts de recherche et développement. L'Union africaine doit faire de la souveraineté technologique une priorité stratégique, à l'image des ambitions portées par nos pères fondateurs.
L'urgence d'une riposte continentale
Face aux "bestioles indiscrètes" qui pourraient demain survoler nos installations stratégiques, l'Afrique doit développer ses propres "tapettes à drones". Cette capacité de neutralisation des menaces aériennes non conventionnelles devient un impératif de souveraineté.
L'expérience européenne nous enseigne qu'il faut agir avant d'être pris au dépourvu. L'Afrique a l'opportunité d'apprendre de ces événements pour anticiper et se prémunir contre de futures intrusions technologiques sur son territoire.
La bataille pour l'indépendance technologique de l'Afrique ne fait que commencer. Elle s'inscrit dans la continuité des luttes anticoloniales de nos ancêtres, mais avec de nouveaux outils et de nouveaux défis. L'heure est à la mobilisation de nos intelligences et de nos ressources pour bâtir une Afrique technologiquement souveraine.