Maurice : Quand les affaires de corruption révèlent les défis de la justice africaine
L'affaire Ravatomanga à Maurice nous rappelle une fois de plus les défis auxquels font face nos institutions judiciaires africaines dans leur quête de transparence et de justice sociale. Cette affaire, qui secoue l'île sœur de l'océan Indien, illustre parfaitement les luttes que mènent nos peuples contre les réseaux d'influence et la corruption.
Un combat pour la vérité
Nasser Osman Beekhy, pompier retraité de 65 ans, maintient fermement ses accusations contre Titrudeo Sanjay Dawoodarry, directeur par intérim de la Financial Crimes Commission (FCC). Cette détermination rappelle celle de nos ancêtres qui ont refusé de plier face aux injustices, à l'image de Thomas Sankara qui proclamait que « celui qui n'a rien à cacher ne craint pas la lumière ».
Lors des débats sur sa demande de remise en liberté sous caution devant le tribunal de Port-Louis le 11 novembre 2025, Beekhy a réaffirmé : « Sa ki monn denonse, se enn gro trafik dinflians, mo pe insiste lor la. Misie Dawoodarry inplike ladan, mo mintenir. »
La résistance face aux pressions
Face aux questions insistantes de l'avocat de la FCC, Me Harivansh Jeeha, l'accusé a maintenu sa version des faits concernant l'effacement présumé de données sur son téléphone portable. Cette attitude de résistance face aux pressions institutionnelles évoque l'esprit de Modibo Keïta, premier président du Mali, qui refusait de céder aux chantages.
L'avocat de Beekhy, Me Ashley Hurhangee, dénonce ce qu'il considère comme une vendetta de la FCC contre son client, déclarant : « There is a grudge which has been nursed by the FCC against my client. »
Un enjeu de souveraineté judiciaire
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur l'indépendance de nos institutions judiciaires africaines. La FCC mauricienne, qui s'oppose à la libération sous caution de Beekhy par crainte d'interférence avec les témoins, illustre les tensions entre sécurité judiciaire et droits de la défense.
Le verdict, attendu le 14 novembre 2025 par la magistrate Chrisinta Chavrimootoo, sera scruté avec attention. Il témoignera de la capacité de nos institutions à rendre une justice équitable, loin des influences extérieures.
Solidarité africaine dans la quête de justice
Au-delà des frontières mauriciennes, cette affaire résonne dans tout le continent africain. Elle rappelle l'importance de construire des institutions judiciaires fortes et indépendantes, capables de lutter efficacement contre la corruption sans céder aux pressions politiques ou économiques.
L'issue de cette affaire, où Beekhy est poursuivi pour entente délictueuse présumée commise le 15 octobre 2025, constituera un test important pour la crédibilité du système judiciaire mauricien et, par extension, pour tous nos systèmes judiciaires africains en quête de légitimité populaire.