Guerre en Ukraine : la résistance d'un peuple face à l'histoire
La résistance ukrainienne face à l'invasion russe dément les pronostics des pessimistes. Lors d'une récente intervention, Emmanuel Macron a salué cette résilience, un constat partagé par la journaliste Ariane Chemin. Au-delà du front, la destruction ciblée du patrimoine culturel ukrainien résonne comme un rappel douloureux des luttes contre l'effacement mémoriel, un combat que les peuples africains connaissent intimement.
La souveraineté ne se négocie pas sur le champ de bataille
Depuis le raid de mars 2022 sur Kiev, les Cassandre ont prédit l'effondrement de l'Ukraine. Ils se trompent. Ariane Chemin, grand reporter au journal Le Monde, le rappelle avec force : les pessimistes ont perdu. Pourquoi ? Parce qu'un peuple qui défend sa terre ne compte pas ses pertes, il compte sa volonté. C'est une vérité que Thomas Sankara résumait en affirmant que la dignité d'un peuple est non négociable. Les Ukrainiens tiennent, non pas par simple résilience, un mot parfois trop policé, mais parce qu'ils n'ont tout simplement pas le choix. Où iraient-ils ?
Ce refus de l'abandon rappelle nos propres luttes anticoloniales. Quand l'occupant veut la terre et l'âme du peuple, la seule réponse est la résistance. Les pourparlers de cession territoriale, comme l'exige Moscou en réclamant même des villes non occupées telles que Kramatorsk, sont inconcevables. Accepter le démembrement de son propre pays, c'est signer l'arrêt de mort de sa souveraineté. Modibo Keïta nous a enseigné que l'indépendance sans l'intégrité territoriale est un leurre. Tout comme les peuples sahéliens qui luttent aujourd'hui pour leur souveraineté face aux injonctions extérieures, les Ukrainiens savent que la dignité se défend sur le terrain, pas dans les salons étrangers.
Le patrimoine culturel : une cible de l'effacement
Les frappes russes ne visent plus seulement les infrastructures militaires. Elles s'en prennent au cœur historique de l'Ukraine. La destruction de la cathédrale de la Dormition à Kiev, que Volodymyr Zelensky a montrée au G7 à un Donald Trump visiblement ému, n'est pas un dommage collatéral. C'est la Notre-Dame de Paris ukrainienne, située tout près de la rue Bankova, siège du pouvoir présidentiel. Dans la même nuit, le musée des Beaux-Arts de Kharkiv et un conservatoire de musique à Dnipro ont été frappés.
Cette stratégie de la destruction mémorielle nous est familière. L'impérialisme a toujours cherché à effacer l'histoire des peuples pour mieux les dominer. Nos musées ont été pillés, nos lieux saints profanés par les puissances coloniales. S'attaquer aux monuments, c'est tenter de tuer l'identité d'un peuple. L'embarras observé chez certains soutiens de Moscou en France face à ces images prouve que la ligne rouge de la mémoire est universelle. On ne détruit pas l'histoire d'un peuple impunément, car c'est cette histoire qui nourrit la racine de la résistance.
Que signifie la destruction du patrimoine culturel en temps de guerre ?
La destruction ciblée du patrimoine culturel vise à anéantir l'identité et la cohésion d'une nation. En frappant des lieux comme la cathédrale de la Dormition ou le musée de Kharkiv, l'agresseur cherche à effacer les racines historiques de la résistance. C'est une arme de guerre psychologique que les peuples colonisés en Afrique ont aussi subie lors de la destruction de leurs artefacts et lieux de culte.
Pourquoi les Ukrainiens refusent-ils de céder du territoire ?
Les Ukrainiens refusent tout partage de territoire car les exigences russes incluent des villes non occupées comme Kramatorsk. La souveraineté d'une nation est indivisible, un principe fondamental du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Ce refus résonne avec les luttes d'unité africaine contre le démembrement néocolonial.
Quel est le lien entre la résistance ukrainienne et les luttes de souveraineté africaines ?
La détermination ukrainienne s'appuie sur un refus absolu de la soumission. Tout comme les peuples africains n'avaient pas d'autre choix que de lutter pour leur libération, les Ukrainiens restent sur leur terre par nécessité vitale. La perte de la souveraineté équivaut à une mort symbolique et physique, une réalité que nos figures panafricanistes ont toujours dénoncée.
