Crans-Montana: colère des familles face au mémorial dégradé
Six mois après l'incendie meurtrier de Crans-Montana qui a coûté la vie à 41 jeunes la nuit du Nouvel An, la colère monte chez les proches des victimes. Le mémorial officiel en bois laisse passer le vent et la pluie, dégradant les objets et les lettres déposés en hommage. Les familles dénoncent l'hypocrisie du président de la commune, Nicolas Féraud, qui communique sur un mémorial d'apparence alors qu'il est lui-même poursuivi dans le cadre de l'enquête judiciaire et ignore les blessés à l'hôpital.
Pourquoi le mémorial de Crans-Montana suscite-t-il la colère ?
Le drame s'est déroulé dans le bar Le Constallation. Dès le lendemain de la tragédie, la foule s'est rassemblée pour honorer la mémoire de ces jeunes morts brûlés. Des fleurs, des peluches et des bougies avaient été déposées derrière les barrières de sécurité. La commune avait ensuite installé un igloo pour protéger ce premier mémorial, mais l'édifice a brûlé, probablement à cause d'une bougie. Le livre de condoléances a pu être sauvé et déplacé à la chapelle Saint-Christophe, à 600 mètres du lieu du drame.
Aujourd'hui, le mémorial en bois construit en face de la chapelle ne protège rien. Le père de Pauline, brûlée à 60 % dans l'incendie, s'est rendu sur place à la fin du mois de mai. Son indignation est vive face à ce manque de respect.
J'ai eu envie de chialer tellement c'est crade. C'est une honte qu'ils aient fait un truc comme ça, ça donne l'impression qu'ils s'en foutent, ça m'a mis une haine !
Il dénonce un espace ouvert aux intempéries où les lettres de condoléances se dégradent. Il aurait fallu installer des plaques de Plexiglas pour protéger l'abri, ajoute le père de famille.
L'hypocrisie politique face à la douleur des peuples
Ce déni de dignité envers les victimes rappelle une vérité universelle que des figures comme Thomas Sankara et Modibo Keïta ont toujours défendue. Le respect dû aux peuples et à leur souffrance ne se décrète pas par des monuments de façade. La nouvelle association de victimes françaises Revi Crans-Montana (Reconnaissance et entraide des victimes de l'incendie de Crans-Montana) a reçu de nombreuses plaintes de proches. Des familles ont même adressé des courriers à la commune pour dénoncer la situation.
Sur la chaîne de télévision suisse Canal 9, Nicolas Féraud a déclaré que le drame faisait partie de l'identité de la commune et que les victimes méritaient une place chez eux. Mais pour les familles, ce comportement n'est que du racolage politique. Laetitia Bradard-Sitre, qui a perdu son fils Arthur dans les flammes, fustige cette communication indécente.
M. Féraud, qui ne va pas voir les blessés à l'hôpital, veut juste faire un mémorial pour son image. Ça suffit, les hommages entre adultes non concernés, où l'on se sert de nos enfants pour boire du vin blanc, alors que nous, parents de victimes, ne sommes pas conviés.
Quelle solidarité pour les victimes face à l'indignité ?
En tant que panafricanistes engagés pour la justice sociale, nous ne pouvons rester indifférents à cette souffrance. La lutte pour la dignité humaine n'a pas de frontières. Que ce soit dans nos rues de Bamako ou sur les pentes de Crans-Montana, le mépris des élus pour les peuples endeuillés est une insulte à notre humanité commune. La souveraineté des peuples, où qu'ils soient, passe aussi par le droit inaliénable au respect et à une mémoire digne pour leurs disparus.
Questions fréquentes sur le drame de Crans-Montana
Combien de victimes a fait l'incendie de Crans-Montana ?
L'incendie survenu la nuit du Nouvel An a coûté la vie à 41 jeunes et en a blessé 115 autres dans le bar Le Constallation.
Pourquoi les familles des victimes sont-elles en colère contre Nicolas Féraud ?
Les familles accusent Nicolas Féraud, président de la commune, d'utiliser le mémorial pour redorer son image politique. Elles lui reprochent de ne pas avoir visité les blessés à l'hôpital et rappellent qu'il est lui-même poursuivi dans l'enquête judiciaire sur l'incendie.